GAVAGE d’Aurélien Digard (France)
Année : 2026 / Durée : 26 minutes / Genre : fantastique-horreur
Avec Valentin Papoudof, Stéphan Wojtowicz , Allison Chassagne, Zack Naranjo, Anne-Laure Gruet
Productions: Bird Bones, Start Image, Tutet, Chuuut! Films
Synopsis : Afin de sauver sa ferme de la faillite, un éleveur de canards va être contraint de réaliser un foie gras un peu spécial pour le compte de ses employeurs.
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En 2020, j’avais écrit un article portant sur un court-métrage déjanté et décalé « goresque » à souhait ! Besoin Dead d’Aurélien Digard ! Un mariage qui se terminait dans un bain de sang. Six ans ont passé et je tombe sur Gavage qui a été sélectionné en compétition officielle au festival de Gérardmer 2026. Entre temps, il y a eu le court-métrage Fanfaron réalisé en 2022 que je viens de voir sur Vimeo (accès libre, profitez-en). Pourquoi je parle de Fanfaron ? Parce qu’il y a l’acteur Stéphan Wojtowicz que l’on retrouve dans Gavage.
Comme à son habitude, Aurélien a écrit de supers dialogues qui font toujours mouche ! Le scénario est bien travaillé, il est plus sage que Besoin Dead. C’est plus abouti, plus sérieux sur le fond et la forme tout en préservant un peu de dérisoire (Le début du film où les canards sont évacués). Gavage, comme son nom l’indique, parle du gavage des canards pour les fêtes de fin d’année. Ces quelques mois faisant la grosse part des marges financières de l’année. Alors, quand l’hygiène vient liquider tous vos canards et que les factures continuent de tomber, il va falloir trouver une autre solution pour se gaver et vite. Le président de la société avec qui l’éleveur a l’habitude de fournir son foie gras lui propose une recette pour le moins originale et singulière avec un brin de nostalgie.
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Gavage met en lumière le secteur agricole en pleine crise de survie économique entre factures et prix bas à l’instar de longs-métrages comme La Nuée de Just Philippot. On pense aussi à Barbaque de Fabrice Eboué en regardant Gavage ou encore Tous les hommes s’appellent Robert de Marc-Henri Boulier pour la place des hommes dans la nature.
Valentin Papoudof est très juste dans le rôle de l'éleveur qui doit faire face à une situation complexe et Stéphan Wojtowiczainsi est juste glacial avec sa voix grave. Le travail sur le « sound design » est de bonne facture. Les effets spéciaux sont signés David Scherer (Le bonhomme n’est plus à présenter, il est toujours présent là où il y a du sang).
Gavage est une réussite. Le spectateur est embarqué dans une spirale irréversible aux côtés de l’éleveur. Le Président de la société peut être vu comme un prisme du capitalisme sauvage de notre société contemporaine où il n’y a plus de morale, juste du business au détriment d’autres. Gavage devrait pas mal voyager dans les festivals dans les quatre coins du globe et en revenir avec des prix.
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« Je me suis dirigé dans l'idée de faire une fable horrifique pour parler de précarité agricole et de misogynie bien crasse, avec un ton volontairement grotesque, avec en tête les premiers films de Dupontel », Aurélien Digard.
Pour garder sa liberté artistique, Aurélien a auto-produit Gavage.
Mad Oliver.
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