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Le blog du cinema d' Olivier H

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CHIENNES DE VIES de Xavier Seron (Belgique - France)

Publié par lecinemadolivierh sur 16 Juin 2024, 14:05pm

Catégories : #Chiennes de vies, #Xavier Seron, #Jean-Jacques Rausin, #Hélicotronc, #Artisans du film, #Be for films

CHIENNES DE VIES de Xavier Seron (Belgique - France)

CHIENNES DE VIES de Xavier Seron (Belgique – France)

Année : 2024 / Genre : drame – humour noir

Durée : quatre-vingt-huit minutes

Avec Jean-Jacques Rausin, Mara Taquin, Aurora Marion, Ninon Borsei, Arieh Worthalter, Louise Manteau

Productions : Hélicotronc, Artisans du Film

Distributeur : Be For Films

 

Synopsis : L'Homme est un chien pour l'Homme. Le pire des chiens. Chiennes de vies : 3 chroniques canines qui dépeignent avec humour les êtres humains, leur solitude et leur quête d'amour.

Chiennes de vies est le second long-métrage du réalisateur belge Xavier Seron (Je me tue à le dire en 2015), qui depuis son premier long n’a pas arrêté de réaliser des courts-métrages, dont le dernier en date Sprötch qui est une véritable pépite d’humour noir. Xavier Seron a reçu plusieurs fois le prix du meilleur court-métrage au Magritte, l’équivalent des Cesar en Belgique pour L’Ours Noir et Le Plombier coréalisés avec Méryl Fortunat-Rossi, ainsi que le précité Sprötch. Je me tue à le dire avait remporté le prix du meilleur scénario.

Chiennes de vies est un film à sketches. Ce sont trois histoires de chiennes atypiques : Mezcal, Sophie et Perdita. A l’origine, Xavier Seron souhaitait que chaque segment soir réalisé par un réalisateur différent, à l’instar d’Avant terme, un projet collectif initié par Jean-Benoît UgeuxXavier a coréalisé le segment Les Tubes. Mais finalement, cela s’est passé autrement avec Xavier aux manettes de ces trois histoires singulières.

Mezcal, le premier sketch est le plus drôle des trois. Le film a un rythme assez soutenu avec un côté burlesque quand on ne s’y attend pas. Un pur régal. C’est une comédie surréaliste horrifique comme on les aime bien. L’acteur principal, Jean-Jacques Rausin (excellent), en quelque sorte la muse de Xavier Seron, que l’on retrouve dans quasiment tous les films du réalisateur, campe le rôle de Tom, un célibataire un peu beaucoup maladroit pour notre plus grand plaisir. Une sorte de Pierre Richard. Sa vie va basculer suite à l’adoption un peu forcé d’un chihuahua, Mezcal. Un joli petit chien blanc avec deux grosses billes noires en place des yeux. Quand le chien vous fixe, cela en devient une obsession. On retrouve également un habitué des films de Xavier dans ce premier sketch : Jean Le Peltier (Sprötch) dans un rôle assez déjanté. En fait, à l’image, on retrouve beaucoup d’acteurs et d’actrices, dans les trois segments, ayant déjà collaboré avec le réalisateur : Jean-Benoît Ugeux, Catherine Salée, Tom Audenaert, Vincent Lecuyer, Muriel Bersy, Fabrice Adde, Caroline Berliner, Aurélie Lannoye, Ingrid Heidersheidt et François Neycken. Les passages avec les trois premiers sont vraiment excellents. On retrouve également des habitués de la filmographie du réalisateur derrière la caméra : Olivier Boonjing à l’image, Julie Naas au montage, Marie Paulus à la prise de son…

Sophie, le second segment, est beaucoup moins drôle que Mezcal. Le film bascule dans un tout autre registre une sorte de conte moral autour du show business. C’est un exercice qui peut être déstabilisant pour le spectateur. Ici, l’histoire est un peu plus frontale et brutale. Greta, une actrice populaire qui n’a d’amour que pour sa chienne va avoir un grand vide à combler lorsque sa chienne va prendre un bus. Un amour remplacé par un vide abyssal que Greta va essayer de combler coûte que coûte. Le sketch a un côté grinçant et montre la décadence d’une actrice qui était au top.

Le troisième et dernier segment, Perdita change également de registre, celui de la comédie romantique où Franck, un vigile d’un supermarché cherche l’amour. Il vient de se faire larguer. Franck adore sa chienne, mais cela ne remplace pas une femme. Jusqu’au jour où il va surprendre une kleptomane (joli jeu de mots) en train de dévaliser les rayons en se rhabillant. Elle ne peut pas s’empêcher de tout chiper. Alors quand elle propose à Franck de lui montrer ses jolis seins afin de la laisser partir …

Xavier s’est inspiré du film Touch of Sin de Jia Zhangke où chacune des parties du film, quatre segments, prennent une forme différente.

« Il y a ce même principe d’un personnage qui, à la fin d’un chapitre, nous entraîne vers le suivant, un peu à la manière d’une course relai. », Xavier Seron.

Dans Chiennes de vie, les histoires s’entremêlent. Certains personnages des trois segments se croisent. Le tout s’emboîte assez bien et forme une unicité, une cohérence. Le thème principal étant bien sur l’amour. Dans les trois histoires, il est question de personne seule à la recherche d’un amour.

« Au départ, l’humour est assez présent puis il s’estompe, laisse place à quelque chose de plus sombre, plus grinçant pour finalement aboutir à quelque chose de plus naturaliste, de plus tragique. », Xavier Seron.

A l’instar de Je me tue à le dire ou encore de Sprötch, Xavier a choisi une photographie en noir et blanc.

« A mon sens, le noir et blanc agit comme une bulle qui abolit l’espace et le temps et dans laquelle des éléments disparates voire contraires peuvent coexister. », Xavier Seron.

Chiennes de vies est un film poétique sur la vie entre humain. Il y a des moments trashs, burlesques, tendres, loufoques et surréalistes. On est dans l’imaginaire fou du professeur Seron.

« Le chien, dans le film, c’est un prisme pour parler des êtres humains, de nos travers, de notre solitude et de notre besoin d’amour. C’est surtout un film sur notre solitude et notre besoin d’amour...», Xavier Seron.

Mad Oliver

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