BIFFF 2024 : compte rendu de la 42ème édition du Brussels International Fantastic Film Festival qui s’est déroulé du 9 au 21 avril 2024
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La 42ème édition du festival c’est ouverte avec la projection de CIVIL WAR d’Alex Garland, réalisateur d’Ex Machina et Annihilation. Sympathique non ?
Ce compte rendu ne couvrira pas malheureusement la totalité du festival, n’ayant été présent que du 15 au 18 avril. Je vais donc vous parler de pas moins de huit longs-métrages éclectiques, dont cinq en compétition internationale vus dans la salle 1 (Très belle salle avec une capacité de trois mille places, dotées d’un écran géant incurvé).
Mais avant tout, parlons un peu du lieu du festival. Pour la petite histoire, j’avais découvert le BIFFF en 2013 au Bozar, situé au plein centre-ville de Bruxelles, proche du Palais Royal et de la grande place. Un endroit parfait pour faire une visite hybride à Bruxelles : festival et tourisme (Gare aux Bruxellois quand un gars qui a vu des films déjantés et sanguinolents qui se promène dans les rues touristiques de la capitale de l’Europe). J’avoue que lors de ma toute première projection, j’ai été un peu surpris du public qui interagit avec le film en prononçant des répliques devenues des rituels comme « La porte ! », « Pourquoi est-il si méchant ? », « Parce que », « Quelqu’un peut m’expliquer ? » … Qui c’est ces lourdingues, une fois, qui parlent devant un film ? (Et ce n’est pas une exception belge. Dans le livre Cinéma Spéculations de Quentin Tarantino, on apprend que dans les cinémas des années 60-70, le public américain de Los Angeles interagissaient également avec les films !). Surprenant mais avec un esprit bon enfant et presque familial ! Bref, ce fut une expérience comment dire, un peu inhabituelle, changeant des habitudes et qui au final est devenue en quelque sorte une coutume.
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Mais revenons au Bozar … le BIFFF y a déménagé post Covid pour aller s’excentrer au Palais X de Brussels Expo. Un no man’s land ! Je viens d’y mettre les pieds la première fois cette année (Oui, j’ai raté quelques BIFFF entre temps …). Résultat, il faut prendre le métro pour y aller ! Métro, Bifff, métro. Et pour moi, c’était la ligne 6. Vingt minutes porte à porte de l’appartement de Brussels Midi au Palais X. Pas mortel du tout en fait ! En plus, on a une jolie vu sur l’Atomium qui est juste en face du Palais X. Et waouh ! C’est beaucoup plus grand avec de l’espace pour des stands d’expositions et de ventes en tout genre. Ah oui, un truc important, il n’y a plus de la Cuvée des Trolls, la bière mythique du festival (En tout cas entre 2013 et 2019 pour mon expérience alcoolique !). Maintenant, c’est de la Cornet ! Et alors, elle est comment cette nouvelle bibine ? Eh bien, je la trouve bien meilleure que la Cuvée des Trolls que j’appréciais fortement, en tout cas cela change. Alors c’est un joli coup double gagné de la part du BIFFF ! Le Palais X et la Cornet !
Bon, je parle, je divague, cela me donne soif … je m’ouvre une Cornet …
Côté longs-métrages :
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Ma première séance fut la meilleure: STEPPENWOLF du Kazakh Adilkhan Yerzhanov en compétition internationale. J’avais remarqué juste avant qu’au Festival du Polar de Reims il avait remporté le Prix de la Critique. Le film possède des décors en forme de cartes postales. Magnifiques, proches des westerns. D’ailleurs, Steppenwolf peut être vu comme un western des temps modernes sur fond de guérilla. Les deux protagonistes principaux étant un flic et une mère un tantinet autiste qui a perdu son fils. Le fil conducteur du film est donc de retrouver le rejeton disparu, mais pas que. On découvrira aussi que le flic a des comptes à régler avec différentes personnes et il ne va pas y aller mollo. Steppenwolf est un peu une démonstration de tirs à la Kalachnikov ! Cela tire sur tout ce qui bouge ! Le film est divertissant et a quelques touches d’humours assez bien réparties. La musique un brin entêtant m’a fait penser à la bande originale Nightcall composée par Kavynski pour le film Drive. Un bon film divertissant qui fait son job et qui au final a remporté le grand prix du Festival !
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Ma seconde séance fut IN A VIOLENT NATURE de Chris Nash. Ce fut comment dire ? Une expérience non violente ! C’est un slasher réalisé avec très peu de moyen, tellement que le tueur à la Jason (Vendredi XIII) se promène tout le long du film dans les bois sans aucun dialogue. « Promenons-nous dans les bois pendant que le tueur n’y est pas … » ou plutôt la réplique culte du public pendant cette séance « Cinq kilomètres à pied, ça use, ça use … ». In a violent nature qui a fait parler de lui au dernier Festival de Sundance est trop contemplatif à mon goût. Okay, on sent un certain hommage aux films de slashers, en premier les Vendredi XIII, puis Halloween … mais que c’est soporifique ! Il y a très peu de musique et le film est parsemé de scènes gores assez choquantes. Mais l’histoire entre deux scènes gores est un peu fantomatique à l’image de son personnage principal. Moralité de l’histoire : ne touchez pas au bijou de famille ! Le film a tout de même remporté la mention spéciale au White Raven ! Comme quoi, les goûts, cela se discute …
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Ma troisième séance fut INTERSTATE du réalisateur français Jean-Luc Herbulot (Saloum) avec Joey Starr (Dans ma Benz Benz Benz) et Asia Argento (Fille à papa Dario) présenté en compétition internationale. En fait, je ne comptais pas aller voir ce film, n’ayant vu aucun des deux films précédents du réalisateur. Mais au final, j’y suis allé par curiosité et j’ai finalement bien fait ! Le scénario à la base américain est plutôt pas mal pour ce road-trip ! Le scénario avait été écrit pour l’acteur américain Mickey Rourke mais finalement c’est Joey, pas des Friends, hein, mais le chanteur qui hurle les marques de voitures de luxes de banlieue, qui endosse le rôle pour ce film de co production franco-belge. Et finalement, il endosse bien le rôle de Mickey en fait ! La belle Asia a par contre un rôle un peu moins présent à l’écran. L’intrigue du film aboutie sur le genre fantastique et c’est cela qui m’a plu. Il y a deux points en commun avec le film Angel Heart avec Mickey Rourke. C’est une vraie descente en enfer ! Belle surprise cet Interstate !
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Quatrième séance : KIDNAPPING INC. de Bruno Mourral. L’histoire se déroule à Haïti où les enlèvements de personnes sont devenus le sport national malheureusement. Le pays semble corrompu jusqu’aux os et le réalisateur a voulu en quelque sorte dévoilé les conditions de vies à Haïti sous le prisme à la sauce Pulp Fiction de Quentin Tarantino ! Et la première demi-heure du film est géniale avec ses deux protagonistes qui ont kidnappé le fils d’un haut responsable. Le film mélange des scènes d’actions et des scènes humoristiques. Le mélange est plutôt bien fait. Par contre, après cette première demi-heure passée, le film semble ne pas savoir où aller et on n’est plus vraiment surpris par les tournures de l’histoire (Pourquoi cette scène d’accouchement ?). C’est dommage, c’était bien parti sur des chapeaux de roues. Bon, dans la salle, il y avait un gars qui a bien pris son pied ! Il s’est marré du début à la fin ! Tant mieux pour lui. A noter que le réalisateur a rencontré de nombreuses difficultés à réaliser son film sur plusieurs années et avec un vrai kidnapping d’une actrice !
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Cinquième séance : FLIES d’Aritz Moreno. Flies se déroule à Buenos Aires, véritable personnage dans le film. A l’instar de Steppenwolf et de Kidnapping Inc., Flies a également des scènes marrantes avec un humour plutôt noir. C’est une critique plutôt acerbe des entrepreneurs en Argentine qui n’ont aucune empathie et de sens éthique envers leurs employés … non déclarés. Le personnage principal, dont l’acteur fait penser à l’avocat véreux dans la série Breaking Bad, accumule galères sur galères au fur et à mesure que le film avance. Cela commence par une crevaison, suivie d’un corps dans son coffre, pas vraiment le bon outil pour changer une roue … Flies contient deux scènes cultes : une première avec un chien qui va en prendre pour son grade et une seconde se déroulant avec un pont (Les deux scènes sont tout simplement jouissives et mortelle !). C’est encore ici, une belle surprise avec une bonne dose d’humour noir. Mais la fin tombe un peu comme un cheveu sur la soupe laissant la porte ouverte aux champs des possibles. Ah oui, Flies a remporté la mention spéciale à la compétition européenne !
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Ma sixième séance fut EXHUMA du coréen Jae-hyun Jang et qui était en compétition internationale. Le film a fait parler de lui après sa projection à la Berlinale ce qui a attiré ma curiosité en plus d’être un film coréen (Je ne vais jamais au BIFFF sans voir au moins un film coréen). Exhuma, à l’instar de The Priest du même réalisateur, est un film sur la foi, les croyances, la religion. Ne jamais déterrer un os, un corps qui enferme une malédiction avec lui ! Cela Scoubidou le sait très bien. Dans la première partie du film, on apprend un peu sur le folklore coréen. Le problème Exhuma, c’est qu’il y a aucune empathie, aucune émotion qui en découle et au bout d’un moment, on lâche un peu prise. Le film manque de justesse dans le rythme. Une petite déception pour mon seul film coréen vu cette année au BIFFF, c’est rare !
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Mon avant dernière séance fut THINGS WILL BE DIFFERENT de l’américain Michael Felker en compétition internationale. Michael Felker, présent en pijama au festival suite à un bagage perdu à l’aéroport de Bruxelles, est un bon ami des réalisateurs Justin Benson (qui joue dans le film) et d’Aaron Moorhead (Spring, Endless). Et cela se voit dans Things will be different. Le film aurait pu être réalisé par le duo Benson-Moorhead dans la lignée d’un Endless. Il est question ici d’une boucle temporelle (Comme dans Endless) où deux voyous, sœur et frangin, essaient de passer du bon temps en attendant que l’on les oublie. Il y a de bonnes idées, mais cela n’est pas suffisant pour captiver le spectateur jusqu’à la fin du film. Le moment fort de cette projection ? La petite chanson (un classique au festival) du réalisateur. On a bien senti qu’il avait la rage de se présenter au festival en pijama ! Il a des compétences pour chanter dans un groupe à la Linkin Park !
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Dernière séance, déjà : CUCKOO de Tilman Singer en compétition internationale. L’histoire du film se déroule dans les Alpes Allemandes et cela ne m’a pas vraiment réconforté, moi qui vais passer quelques jours en Allemagne profonde cet été … Le film est bizarre, un brin « Palmassien », loufoque mais pas ou trop décalé pour que j’y prenne goût en fait. Je suis resté à côté du film, le laissant défiler sous mes yeux. Tout est louche dans ce film, les acteurs, le scénario, l’atmosphère … Moralité de l’histoire : ta mère n’est pas ta mère? Quelqu’un peut m’expliquer ? J’ai rien compris ! Cuckoo a tout de même remporté le silver raven ex-aequo avec Your Monster ! Mon Dieu …
Et voilà c’est la fin du festival pour moi. Cela m’a fait un bien fou de revenir au BIFFF ! Se sentir comme chez soi avec ses pantoufles aux pieds et siroter une Cornet entre amis. Recroiser Jonathan L. et Stéphane dans les couloirs du Palais X ou encore David P.. On y est bien et le générique le précise bien avec son Welcoooooooome ! Cette année, j’ai emmené ma petite famille découvrir le BIFFF et son ambiance. Je crois que la relève est prête ! Ah oui, les food truck placés devant le Palais X étaient très bons (Dorum, tacos) et même les sandwichs du BIFFF !
Je rédigerai au fil de l'eau, un article plus détaillé par film vu ...
Mad Oliver
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