ADA d’Anaïs Vachez (France)
Année : 2023 / Durée : 17 minutes / Genre : drame fantastique
Avec Alizée Caugnies, Vanessa Fonte, Pierre Rochefort, Gabrielle Atger, Pierre Cachia, Loan Visioli, Fabien Houssaye
Production : Bonne pioche Cinéma
Diffusion : OCS Pulp & MyCanal
Synopsis : Ada, une petite fille de huit ans, est confrontée régulièrement aux tensions entre ses parents. Un soir, après une dispute particulièrement virulente, elle assiste à la transformation de ses parents en Monstres. Ada va tout faire pour tenter de leur échapper.
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L’univers fantastique de l’autrice et réalisatrice Anaïs Vachez est ancré dans les contes. Des contes pour enfants écrits dans Les Contes de Nina. Des contes un peu plus sombres qui sont développés dans ses courts-métrages. A commencer par le très court La fille accordéon réalisé en 2017 et basée sur une idée originale. Suivi de Le petit monstre en 2018, peut-être moins original, mais qui développe le côté psychologique du protagoniste principal avec le petit monstre qui sommeil dans son appartement (Pas moins de 2,4 millions de vues !). Il aura fallu attendre un peu plus pour voir apparaître son tout dernier court-métrage, Ada présenté lors de l’ouverture du Paris International Fantastic Film Festival.
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Ada est une jeune fille qui vit avec ses parents absorbés par leur travail respectif. A la sortie de l’école, Ada est raccompagnée chez elle par des voisins. Sa mère rentre la première à la maison, juste à temps pour préparer le diner. Son père, lui, arrive à temps quand le repas est prêt et fumant (D’ailleurs, il n’y aura pas que le diner qui sera fumant). Un temps de famille qui est envahi par une vie professionnelle débordante sur la vie privée. Il y a de la tension dans le coupe et une dispute éclate au sujet des devoirs d’Ada, qu’aucun d’entre eux n’a eu le temps de regarder … Un moment que tous parents connaissent très bien, n’est-ce pas ? Un effet cocotte-minute qui a retenu toute la tension de la journée au boulot et qui explose le soir, une fois rentré chez soi.
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Les premières images d’Ada sont accompagnées d’une douce musique pour enfant. Un peu ce genre de musique que l’on entend dans les veilleuses ou autres boîtes à musique. Par la suite, la musique va évoluer vers un autre registre, mélancolique, plus sombre à l’instar de ce que raconte le film. Il y a une étroite collaboration entre les images et la musique. Une étroite collaboration entre les directeurs de la photographie Anne-Charlotte Henry et Arthur Bourdaud et le compositeur de musique Jimmy Tillier (Un habitué de l’univers cinématographique de Anaïs Vachez, que l’on retrouve dans les deux courts-métrages précités).
A cela s’ajoute un très bon travail sur le « sound design », tel un effet sonore qui remplace des effets visuels. Ce « sound design » habille l’atmosphère créée par les images s'affichant de nuit et de la musique qui l’accompagne. L’un des avantages de tourner de nuit et de ne pas montrer les effets spéciaux sous les projecteurs. Cela peut aider à cacher par exemple un manque de moyen financier au niveau de la réalisation des effets spéciaux, ou bien d’instaurer un sentiment angoissant et anxiogène.
« J’ai choisi délibérément de montrer le moins possible les monstres, pour que les spectateurs les imaginent le plus possible avant de les voir en entier et de près. Le sound design a été essentiel pour donner une personnalité et une identité aux monstres et a demandé beaucoup de temps et de recherches.», Anaïs Vachez.
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La mise en scène plonge le spectateur dans une tasse remplie de café sans sucre. Le spectateur suit la querelle des parents depuis la vision de la petite Ada. C’est une vision subjective et non objective de la situation. Le spectateur voit au travers des yeux d’Ada. Via le prisme d’Ada.
« Mon film, sous le regard d’une petite fille, parle de la transformation de parents en Monstres. », Anaïs Vachez.
Ada est un conte fantastique psychologique assez réussi dans son ensemble. La musique est toujours un point fort des courts-métrages d’Anaïs Vachez en plus des atmosphères étranges qu’ils dégagent. Le genre de courts-métrages qui ont tout à fait leur place dans les festivals fantastiques tels que le Pifff.
« Ma volonté était de rester dans un univers de contes à la fois horrifique et poétique. », Anaïs Vachez.
Vous pouvez voir les deux précédents courts-métrages La fille accordéon et Le petit monstre sur Youtube. Ada est visible sur la plateforme d’OCS et sur MyCanal.
Mad Oliver
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