Critique du court-métrage DISTORTION de Grégory Papinutto (France) :
Année : 2017
Durée : 25 minutes
Genre : horreur
Synopsis: dans un village de banlieue, 7 amis sympathisent avec un nouveau qui les invite à l’accompagner dans un bâtiment désaffecté, dont il doit assumer le tour de garde en tant que vigile. Cette soirée qui s’annonçait festive, va vite basculer dans l’horreur …
Distortion est produit par Laurent Papinutto.
Société de production : Gamines Production.
Distortion a remporté le prix du meilleur court-métrage d’horreur au Paris Independent Film Festival 2017.
Le court est sélectionné au Berlin Independent Film Festival 2018.
Anecdote : Distortion a été réalisé dans un couvent de Carmélites récemment abandonné.
Avis : Distortion invite le spectateur à passer une nuit cauchemardesque dans un couvent désaffecté. La soirée s’annonce pourtant festive avec ce groupe de jeunes qui souhaitent passer un bon moment ensemble. Mais un grain de sable s’est glissé dans l’engrenage basculant tous les éléments dans une sorte de distortion.
Histoire de bien perturber le spectateur, Distortion joue avec plusieurs cadres. La première séquence montre une conversation par « webcam ». Puis, le cadre devient plus classique avec celui d’une vraie caméra, avec un passage avec des caméras de surveillances. La photographie de David Moerman, ainsi que la lumière sont jolies. Je pense particulièrement à la scène du couloir avec une lumière rouge, faisant penser à Suspiria de Dario Argento. Un hommage aux Giallos des années 70 ?
Comme tout « slasher » qui se respecte, il faut des effets spéciaux et du sang, au risque de tourner au ridicule. Le chef maquilleur SFX, Jérôme Jardin a réussi de beaux masques ressemblant à des protagonistes tout droit sortis d’un segment d’Hellraiser de Clive Barker. Les effets spéciaux installent une atmosphère inquiétante et angoissante. Ajoutez à cela la musique électro avant-gardiste du groupe Gansuile, et vous avez entre vos mains un court-métrage dérangeant et anxiogène.
Distortion souffre malgré tout d’un peu de longueur malgré un rythme assez soutenu dans la seconde partie du film. Le spectateur assiste à une course poursuite qui tourne en rond dans ce maudit couvent. Il est difficile pour le spectateur de se mettre dans la peur des personnages, par un certain manque d’empathie. C’est dommage, cela aurait donné une autre dimension au film. Il manque peut-être un peu de profondeur aux personnages ? Il manque un truc, quelque chose, pour que le tout soit plus puissant et décoiffant à l’image de la dernière scène.
Note : 7/10. Distortion est un exercice de style assez réussi dans le genre « slasher » inspiré de Giallo. Le film gagne en intensité et en nervosité dans sa seconde moitié. La bonne trouvaille scénaristique étant ce twist auquel le spectateur ne s’y attend pas. Le scénario de Distortion pourrait être développé pour en faire un long-métrage, mais là est une autre historie …
Mad Olive

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