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Le blog du cinema d' Olivier H

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Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


MEGALOMANIAC de Karim Ouelhaj (Belgique)

Publié par lecinemadolivierh sur 13 Novembre 2022, 16:55pm

Catégories : #Megalomaniac, #Karim Ouelhaj, #Eline Schumacher, #Benjamin Ramon, #Hélène Moor, #Wim Willaert, #Pierre Nisse, #Okayss Productions, #Les Films du Carré, #XYZ Films, #Media Move

MEGALOMANIAC de Karim Ouelhaj (Belgique)

MEGALOMANIAC de Karim Ouelhaj (Belgique)

Drame – horreur / 1h40

Avec Éline Schumacher, Benjamin Ramon, Hélène Moor, Wim Willaert, Pierre Nisse, Raphaëlle Bruneau, Quentin Lasbazeilles, Olivier Picard, Catherine Jandrain, Julie Carroll

Productions: Okayss Production, Les Films du Carré

Ventes internationales: XYZ Films, Media Move

Synopsis : Martha et Félix sont les enfants du Dépeceur de Mons, célèbre tueur en série belge des années 90. Alors que Martha, instable et complexée, est rongée par l’insécurité, son frère, écrasé par l’héritage familial, reprend les tueries de leur père. Harcelée et violemment agressée à son travail, Martha sombre dans la folie et passe de l’autre côté du miroir, dans le monde étrange et terrifiant dans lequel vit son frère.

Megalomaniac est le quatrième long-métrage du réalisateur belge Karim Ouelhaj (Parabola, Le repas du singe et Une réalité par seconde). Les trois précédents films faisant parti d’une trilogie sociétale.

Karim a également réalisé deux courts-métrages : L’œil Silencieux (2016) et l'excellent Tundra (2018). Le premier ayant reçu le prix Méliès d’or du meilleur court-métrage fantastique européen.

Définition Larousse de mégalomane, megalomaniac en anglais :

 « Personne qui manifeste des idées de grandeur, un orgueil excessif. (Abréviation familière : mégalo.). Se dit, en psychiatrie, d'un malade atteint d'un délire caractérisé par la surestimation de soi, et, dans la langue courante, d'une personne qui manifeste des idées de grandeur, un orgueil excessif. »

 

La longue liste des sélections de Megalomaniac dans les festivals a commencé cet été à Fantasia (Montréal) en avant-première mondiale. Le phénoménal Megalomaniac repart avec le prix Cheval Noir du meilleur long-métrage ainsi que le prix pour l’interprétation féminine d'Éline Schumacher. L'onde de choc a engendré un tsunami de sélections internationales dans les meilleurs festivals à travers le monde : BIFFF (Belgique), FEFFS (France), Grimmfest (Royaume-Uni), Sitges (Espagne), Telluride Horror Show (Etats-Unis),  Tohorror (Italie), ASNIFF (France), Morbido (Mexique), Imagine (Pays-Bas), San Sebastian (Espagne), Razor Reel (Belgique), Terror Molins (Espagne) … Et ce n’est pas fini !

 

Megalomaniac n’est pas un film classique sur un tueur en série, ici le Dépeceur de Mons et tire son originalité d'une fiction fantasmée d'une éventuelle existence d’une descendance du tueur en série. On n’est pas dans un énième Seven ou Maniac, mais dans une histoire complexe et torturée d’un frère et d’une sœur vivant ensemble dans la sombre demeure familiale.

« Je suis fan de films de genre, de tous les genres d’ailleurs. Je ne voulais pas faire un énième film de tueur en série et il me fallait trouver un angle d’attaque. », Karim Ouelhaj.

C’est donc l’histoire d’un frère et d’une sœur, enfants du Dépeceur de Mons, devenus adultes et connaissant les faits et gestes de leur paternel, à savoir des meurtres et des corps retrouvés dans des sacs plastiques au bord de la route. C’est comme s’ils étaient encore sous l’emprise du patriarcat après toutes ces années. Félix sort la nuit, tel un prédateur à l’affut de sa proie, ramenant sa victime à son domicile pour y accomplir en toute impunité des actes terrifiants. Sa sœur Martha ne l’ignore pas, bénéficiant de temps en temps d’un animal domestique un peu particulier. Martha, instable psychologiquement (la raison n’en est pas délibérément explicitée), est suivie par une assistante sociale qui vient lui rendre visite périodiquement. Suite à un acte barbare d’harcèlement par deux de ses collègues de travail, Martha va sombrer dans un état de pure démence, totalement déconnectée de la vie réelle et préparer un plat qui se mange froid : la vengeance !

Megalomaniac est un film tortueux, sombre et terrifiant, plutôt destiné à un public averti de par ses scènes violentes et sanglantes. Mais pas que. Il y a aussi le côté horreur psychologique avec par exemple la victime retenue prisonnière chez Félix et Martha. L’actrice qui interprète la victime est plus qu’impressionnante dans son rôle pas forcément évident et qui laisse des traces. Son interprétation fait parti des scènes chocs du film avec celle où Martha se fait harcelée par ses collègues.

Ceux qui connaissent les films de Karim Ouelhaj savent qu'ils sont sont durs et parfois difficiles à regarder, surtout parce qu’ils montrent ce que la société ne veut pas voir. Du coup, c’est frontal sans artifice, tel un électrochoc. Un peu comme l’antagoniste principal dans Orange Mécanique qui ne peut pas fermer ses yeux grands ouverts. Mas ce ne sont pas des films avec de la violence gratuite, derrière ces violences se cache une satire sociétale (Proxénétisme, drogue, voyeurisme, …). Karim veut faire ressentir des émotions (pas forcément la joie et la gaieté) aux spectateurs. Il a créé son propre univers cinématographique avec des références bien digérées de grands réalisateurs tels que William Friedkin, Alan Parker, Oliver Stone ou encore David Fincher.

On sent des références à Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Calvaire du belge Fabrice Du Welz ou encore Ghostland de Pascal Laugier.

Le succès du film est porté par ses acteurs, à commencer par Éline Schumacher (Martha) et Benjamin Ramon (Félix) qui sont tous les deux époustouflants. Eline a reçu plusieurs prix pour son interprétation, mais Benjamin mériterait d’en recevoir également un. Le rôle du tortionnaire interprété par Pierre Nisse est également terrifiant de froideur et d’antipathie. Chapeau bas pour l’actrice Hélène Moor dans le rôle de la victime martyrisée et qui restera longtemps imprégnée dans les rétines des spectateurs. Et enfin, la maison insalubre qui est tout un personnage dans le film  avec ses pièces froides, telles des antichambres. Une maison qui est le reflet de ceux qu'elle abrite.

Mais avoir de bons acteurs ne suffit pas pour faire un bon film, il faut savoir les diriger et Karim Ouelhaj maitrise sa mise en  scène ici dans les ténèbres obscurs.

Les images  baroques et gothiques sont signées François Schmitt. On y voit comme des grains à l’ancienne sur la pellicule qui donnent un aspect un peu sale, sombre à l’image de ce que raconte Megalomaniac. Quelque chose qui gêne, qui gratte. Les images sont accompagnées par la musique composée par Gary Moonboots et Simon Fransquet. Une musique également sombre et envoûtante.

Karim Ouelhaj dénonce par le biais de son histoire les persécutions et agressions subies par les femmes, thème cher au réalisateur que l’on retrouve souvent dans sa filmographie. Et cette dénonciation n'est pas unilatérale dans Megalomaniac. Karim dénonce aussi un peu comme dans le récent film Smile de Parker Finn, les personnes passives devant une agression ou un viol. (La scène où le personnage campé par l'acteur Wim Willaert se cache derrière sa honte).

A l'instar de la première scène du film, la fin de Megalomaniac se termine en vue objective sur les protagonistes passifs devant une scène. Un peu comme des visiteurs regardant un tableau. La boucle est bouclée.

A noter quelques passages du film qui peuvent prêter à une lecture du film: les deux sœurs (double) habillées de rouge traversant la rue ainsi que la non présence de Félix lorsque l'assistance sociale vient rendre visite à Martha. D'ailleurs, à aucun moment, l'assistante sociale demande à voir Félix, comme s'il ... n'existait pas.

Avec Megalomaniac, Karim Ouelhaj entre dans la cours des monstres et son entrée est réussie . Megalomaniac est transgressif, viscéral et fait plonger le spectateur dans ce qu’il y a de plus sombre dans l’âme humaine. D’où provient le mal et comment se propage-t ’il ?

« Le mal c’est un peu comme un putain de cancer. », Karim Ouelhaj.

Mad Oliver

 

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