Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog du cinema d' Olivier H

Le blog du cinema d' Olivier H

Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)

Publié par lecinemadolivierh sur 18 Avril 2022, 14:47pm

Catégories : #EGÔ, #Hanna Bergholm, #Siiri Solalinna, #Sophia Heikkilä, #Silvia Mysterium, #Jokers Entertainment, #Mensch Agency

EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)

EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)

Sortie en Vod / Dvd / Blu-ray le 27 avril 2022

97 minutes / drame - fantastique - horreur

Avec Siiri Solalinna, Sophia Heikkilä, Ejani Volanen, Reino Nordin

Productions: Silvia Mysterium, Hobab, Film I Väst et Evil Doghouse.

Distributeur France: Jokers Entertainment

 

Synopsis : Tinja a 12 ans. Sa mère la pousse à faire de la gymnastique, exerçant sur elle un perfectionnisme malsain. Une nuit, la jeune petite fille va faire la découverte d’un œuf bien étrange, qu’elle va cacher, puis couver. Jusqu’à l’éclosion d’une inquiétante créature…

 

Avant de s’attaquer à son premier long-métrage Egô, la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm, diplômée d’une maîtrise en réalisation cinématographique, a réalisé quelques courts-métrages, dont son dernier en date Puppet Master qui a été sélectionné entre autres au Fantasia Film Festival de Montréal ainsi qu’au Fantastic Fest d’Austin en 2018. Egô fut projeté en avant-première française et en compétition internationale au Festival de Gérardmer en 2022.

Hanna Bergholm a écrit le scénario d’Egô avec le scénariste Ilja Rautsi qui en avait élaboré les bases.

Les films nordiques sont bien côtés depuis quelques décennies, surtout au Festival de Gérardmer, si on y regarde bien. Tout à commencé par les grands prix en 2007 avec Norway of Life de Jens Lien (Norvège), en 2009 avec Morse de Tomas Alfredson (Suède), en 2012 Babycall de Pal Sletaune (Norvège, Suède) et Egô (Finlande) en 2022.

Ajoutons à cela les prix spécial du Jury en 2012 pour Beast de Christoffer Boe (Danemark), en 2019 pour The Unthinkable de Victor Danell (Suède) ex-aequo avec Aniara : L'Odyssée stellaire de Pella Kågerman (Suède, Danemark). Et pour couronner le tout, le prix du public attribué en 2022 à The Innocents d’Eskil Vogt (Norvège, Suède, Pays-Bas, Finlande).

Enfin pour terminer, n’oublions pas Lamb de Valdimar Jóhannsson avec Noomi Rapace sur nos écrans en ce début d’année.

Cela jette un froid dans le dos n’est-ce pas ?

Bon, revenons à nos petits moutons (pas mal après Lamb, non ?), dans Egô, nous suivons le parcours abimé et mental de la petite Tinja, sous une forme de carte heuristique. Tinja est une adolescente de douze ans qui est plus qu’encouragée par sa mère dans la gymnastique à un niveau de championnat. Mais est-ce vraiment ce que veut Tinja ? Ces enfants qui ne veulent pas décevoir leur parent et qui sont prêts à tout. Ajoutez à cela, un haut niveau de patinage artistique pour la mère. La barre d’excellence est sous pression. Et quand la pression monte, cela fait un effet cocotte-minute …

Et en parlant de cocotte, Tinja va trouver un œuf, le cacher dans sa chambre jusqu’à arriver à une taille énorme pour un œuf, et voir un oiseau ressemblant à un corbeau (oiseau de malheur par excellence) sortir de la coquille. Ce passage est métaphorique à souhait. Cacher ses monstres dans le placard ou bien les dévoiler au grand jour.

La réalisatrice Hanna Bergholm en profite également pour amener sa petite critique des réseaux sociaux où tout le monde montre sa vie pour avoir de plus en plus de followers. Ici, c’est la mère de Tinja qui a une sorte de blog où elle montre des vidéos de famille, genre la famille parfaite. Tout le monde est beau, tout le monde sourit … Mais ce n’est qu’une apparence, de l’autre côté du prisme, dans l’ombre ce tapis un monstre prêt à prendre son envol …

 

Egô pour un premier film est intéressant et réussit. A commencer par la prestation impressionnante de la jeune actrice Siiri Solalinna. Elle est magnifique dans le rôle de Tinja, pas évident à camper pour un premier rôle. Ensuite, il y a les décors et la photographie du film, tous les deux très soignés. En y regardant bien, les décors changent suivant le point de vue. Il y a les tapisseries aux murs en adéquations avec les vêtements de la mère et de la fille. Et il y a les ténèbres … Le travail sur la lumière est excellent. Et il y a les effets spéciaux utilisés à bon escient. Ils sont présents, mais pas trop. Et quand ils sont présents, ils se noient avec le décor et les interprètes.

Et il y a l’histoire. Toujours cet âge de l’adolescence, un âge compliqué où le corps change d’un corps d’enfant à un corps d’adulte. Cette métamorphose du corps qui peut faire peur en quelque sorte, comme ne pas se sentir en harmonie avec. C’est le passage complexe où on construit notre personnalité, son psyché. Celui de Tinja va apparaître au grand jour avec cet œuf qui va éclore un côté sombre de sa personnalité. A partir de là, la zone est floue, est-ce que Tinja commet des actes irréparables ou bien est-ce les faits d’un monstre qui cherche à la protéger.

L’antre de la folie vous guette !

Le film a aussi quelques petits défauts à mon goût, mais qui ne gâchent pas le rendu final. A commencer par certaines scènes qui trainent un peu en longueur et paradoxalement certains points ne sont pas assez développé. Je pense au rôle du père qui est complètement absent et à côté de la plaque. Le film se concentre sur la relation mère-fille en oubliant celle du père-fille ou encore celle de femme-mari. Et puis il y a quelques passages qui ne semblent plus cohérent avec les scènes qui suivent comme des trous dans le scénario. Je pense à la scène de la fenêtre cassée qui s’écroule une fois le père sur les lieux … ou bien alors, il y a un truc qui m’a échappé.

 

Ego est un de ces films qui tire sa force des émotions, plus ou moins présentes, émanant de ces personnages et sa fin en est glaciale. Je vous l’ai dit au début, cela jette un sacré coup de froid dans le dos ces films nordiques.

« Egô est une histoire sur le manque d’amour qui entraîne la création d’un monstre », Hanna Bergholm.

Mais n’y aurait-il pas plusieurs monstres dans le film ? Ou tout du moins, peut-être que le vrai monstre n’est pas celui que Tinja cache mais sa mère ?

« Peut-être essaie-t-elle de combler un manque, remplir un vide au fond d’elle. C’est pour moi l’élément principal d’horreur du film », Hanna Bergholm.

Après Puppet Master et Egô, on commence à voir un lien cinématographique de l’univers de Hanna Bergholm se tisser … celui de la manipulation d’autrui.

« Révéler quelque chose de soi que personne ne pourra jamais aimer, c’est ça l’horreur du film »

Mad Oliver

EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
EGÔ de Hanna Bergholm (Finlande)
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents