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Le blog du cinema d' Olivier H

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Ma rencontre avec le réalisateur Quarxx à l'occasion de la sortie de son court-métrage Les princesses font ce qu'elles veulent

Publié par lecinemadolivierh sur 16 Octobre 2021, 14:32pm

Catégories : #court-métrage, #Quarxx, #Pandaemonium, #Titane, #Manon Maindivide, #Pierre Maindivide, #Olivier Afonso, #Carl Laforêt, #Plus jamais possible, #La belle et la bête, #Elephant Man, #Fantastique, #Conte, #Benjamin Leray, #Julia Ducournau, #Tous les dieux du ciel

Ma rencontre avec le réalisateur Quarxx à l'occasion de la sortie de son court-métrage Les princesses font ce qu'elles veulent

La sortie du nouveau court-métrage fantastique Les Princesses font ce qu’elles veulent est l’occasion de rencontrer, pour la troisième fois (Une première fois lors de la pré-production du long-métrage Tous les dieux du ciel et une seconde fois lors de la projection  du court-métrage Plus jamais possible), le réalisateur Quarxx et son univers sombre et poétique.

 

 

Les princesses font ce qu’elles veulent, ton nouveau court-métrage, fera partie de ton projet cinématographique Pandaemonium qui réunira trois de tes courts-métrages sur les thèmes de l’amour, la mort et la folie ...

 

En fait c’est un peu réducteur, les thèmes ne sont pas aussi marqués. J’avais dit cela à la première des Princesses, puis après je me suis dit que ce n’était pas aussi catégorisé que cela.

 

Même s'il n'y a pas que ces trois thèmes comme tu viens de le préciser, cela casse un peu ma question en fait, est-ce que ces trois thèmes seront présents dans chacun des films ou bien est ce que les films seront axés sur un thème particulier ? Même si quelque part on rencontre ces trois thèmes sur le premier volet Plus Jamais Possible ...

 

Ce sont des idées, des thèmes qui s'entremêlent, qui s'entrecroisent au gré de ces trois histoires, de ces trois univers. La vie est faite de sentiments qui s'entremêlent, d'amour, de mort et de folie. Ces sentiments sont le terreau de base des émotions humaines. C'est pour ça que j'en parlais comme le fer de lance de cette histoire qui traite avant tout de la distorsion des sentiments et l’inaptitude à éprouver des émotions qui en découle.

 

Comment est né ce projet? Y-a-t-il un fil d'Ariane ? Comment vas-tu relier ces histoires ?

 

J’étais entre deux projets de longs-métrage et je n’avais pas envie de rester inactif et en attente. Au cinéma, tout est très long. On est sujet à l'approbation de multiples personnes et le temps passe. En tant qu'artiste, tu dois pouvoir te nourrir de ton imaginaire, pouvoir travailler dessus et pouvoir créer des choses. Pandaemonium est venu de cette envie. C'est vraiment un film que l'on peut considérer comme hors circuit. C'est un film qui se fait avec des investissements pour la plupart privés. L'idée de base était vraiment l'envie de créer, l'envie de faire des choses. J’ai réalisé un épisode par an sur une période de deux ans ce qui me permet d'avancer en terme créatif et de pouvoir proposer à terme un véritable long métrage indépendant et je l’espère de qualité. Ce qui n’'empêche pas aussi d'avoir des projets plus classiques en terme de financement. Le problème c’est le temps que cela prend et la patience n'est pas une de mes premières qualités. On fait des films compliqués, d'autant plus compliqués que la période l'est tout autant.

 

Les deux premiers courts-métrages ont été autoproduit, indépendant, cela laisse une certaine liberté artistique ce qui n’est pas plus mal sur ce genre de films ...

 

Bien sûr, tu as totalement raison, c’était un parti prit dès le départ, où je voulais sortir des contingences d'obligations et de débats. Je voulais avoir une liberté créative absolue et pouvoir avancer de façon plus solitaire, mais totalement libre. Quand j'ai eu l'idée de faire Pandaemonium, plusieurs productions sérieuses étaient intéressées pour collaborer avec moi sur ce projet. J'ai décliné leurs offres parce qu’encore une fois, je ne voulais pas avoir de contraintes artistiques et je ne voulais pas avoir de contraintes de temps et d'attentes comme je l'ai dit. C'est donc de mon propre gré, que j'ai voulu m'offrir cette parenthèse de liberté. On n'a pas de véritable pression. Je suis libre de pouvoir écrire et de tourner ce que je veux. On a peut-être moins d'argent, mais on a de la liberté et de la créativité.

 

On sent qu'il y a une équipe soudée. Il n’y a peut-être pas forcément toute la thune que tu aurais voulue pour les faire, mais cela ne se ressent pas à l'écran. C'est vraiment d'une qualité impressionnante. Le fait qu’il y ait un producteur sur le troisième segment, est-il prévu que Pandaemonium sorte en salles ? As-tu déjà un distributeur ?

 

Non, pas du tout. C’est vraiment un projet pour la plate-forme. On a eu des contacts pour la plupart avec des plateformes étrangères, américaines. Le projet étant un regroupement de films à sketches de genre, je n’avais pas envie de me confronter aux exploitants ainsi qu’aux distributeurs, parce que je pense que ce serait une bataille perdue d’avance. Il faut aussi savoir à qui est destiné le film. C’est un film popcorn dans le sens noble du terme en restant un film de divertissement, un film de gens passionnés qui tâtonnent, qui expérimentent et qui ont une envie de films de genre. Je pense donc que la plate-forme est vraiment le média adéquat pour un film comme Pandaemonium.

 

Revenons à ton tout nouveau segment Les Princesses font ce qu'elles veulent, le titre pourrait faire croire à tort qu’il est tiré de l'univers de Disney. D’où as-tu puisé l’idée de cette histoire? Et comment as-tu eu l’idée de cette fameuse scène du four?

 

J'aime bien m'inspirer de certaines choses de la vie réelle. Cela peut être une anecdote, une petite histoire, une photo pour essayer d'en tirer quelque chose. Pour mon film Tous les dieux du ciel, j’avais été inspiré d’un fait divers à partir duquel j’ai complètement remanié l’histoire et ses protagonistes. Pour Les Princesses, c'est un peu pareil. J'avais vu un documentaire assez fort qui traitait de la psychopathie enfantine avec une interview d'une petite fille qui racontait son obsession à vouloir tuer ses parents. C’était une histoire très compliquée et je n'ai pas du tout voulu tirer l'histoire de cette petite fille, mais je m'en suis inspirée comme d'un point de départ pour m'imaginer le côté sombre de cette petite fille dont l'obsession est de tuer ses parents. Je suis juste partie de ce point de départ, de cette interview. J'en ai tiré cet univers. J'avais aussi envie de me frotter au conte. Pour l’histoire du four, cela m’est venue naturellement en écrivant le film. Quand tu commences à écrire tu ne sais pas comment l’histoire va se terminer. Les personnages prennent forme petit à petit. Je trouvais que c'était une fin cruelle et qui correspondait assez à l'état d'esprit un petit peu sale gosse du court-métrage tout en étant très excessif et en se détachant aussi d'une réalité qui pourrait être extrêmement sordide. On la touche du doigt, mais on ne rentre pas dans cette réalité. On garde l'aspect presque féérique, conte, qui adoucit quand même un petit peu les choses.

 

Ton univers cinématographique étant sombre et sociétal, c’est un peu nouveau d’y découvrir ce côté conte féérique. Comment développe-t-on un personnage comme Tony?

 

Cela vient assez naturellement. J'avais envie d'exprimer la part sombre de cette petite fille et d'en faire un personnage à la fois inquiétant, mais aussi touchant avec ses propres fragilités d'enfant. Le monstre et la petite fille sont deux personnages indissociables. J'aimais l'idée de cette petite fille qui essaie de contrôler cette part inquiétante qui est en elle, qui la dévore, qui la submerge et qui est plus fort qu’elle. Je voulais mettre en images cette dichotomie entre ce géant Tony et Manon (Manon Maindivide), cette petite fille de huit ans qui le dirige avec l’assurance d’une adulte jusqu'à ce que le monstre lui échappe.On peut parfois penser à Elephant Man dans l’interprétation touchante de Tony par Carl Laforêt. Une fois qu'on écrit ce genre de personnage, il y a une étape complexe qui est de mettre en images ce que tu as en tête sans que cela ne tombe dans le ridicule parce que c’est un monstre qui doit être touchant, crédible et pour ne rien faciliter, qui évolue en plein jour. Tony est un monstre pour lequel on peut ressentir de l’empathie face à la domination qu'exerce cette petite fille sur lui. On a fait appel à Olivier Afonso et l’incroyable équipe de CLSFX, qui nous a fait un travail magnifique sur la conception de ce monstre.

 

Justement, j’avais remarqué une similitude avec Elephant Man de David Lynch et je voulais savoir si tu avais d’autres références en tête pour ce personnage imaginaire comme par exemple La Belle et la bête de Jean Cocteau ?

 

Il y a une petite référence à La Belle et la Bête au début du film sous la forme d’une bande dessinée qui peut indiquer que Manon, l’héroïne, a peut-être été influencé par cette lecture pour s’imaginer ce monstre qui l’a dédouanerait de la responsabilité invivable d'avoir tué ses propres parents. Quand j'écris et que je développe les personnages, j'essaie le plus possible de ne pas être influencé par des références mais parfois tu retrouves malgré toi certaines influences inconscientes une fois que tu as réalisé le film. Je pense que tout auteur est quelque part influencé jusqu'à un certain degré de conscience de tout ce qu'il a ingurgité, des films, des pièces de théâtre, des romans et même de sa propre existence.

 

Les effets spéciaux ont été réalisés lors des prises de vues réelles et non en post-production. Comment s'est effectué en amont le travail avec la société d’Olivier Afonso le Studio 69 ? Est-ce que tu avais conçu des story-boards ? Avais-tu encore une fois des références ?

 

Je n’avais pas de référence de film. On a beaucoup travaillé ensemble à partir de dessins et de photos. J’avais une idée assez précise de ce que devait être Tony dès le départ. Je pense qu'Olivier a apprécié cela parce que l’on partait sur quelque chose de concret. On n'avait pas besoin de tâtonner et de savoir dans quelle direction on devait aller. J’avais imaginé une espèce de mutation faciale composé de différentes tumeurs mais je voulais aussi que Tony puisse garder une certaine souplesse dans le visage afin de pouvoir exprimer des émotions. On a commencé la confection de la prothèse au Studio 69, quatre mois en amont du tournage car le temps de préparation du film était conséquent. Heureusement car par la suite nous avons eu quelques soucis techniques puisque le premier interprète sur lequel a été moulé l'empreinte qui a servi à créer Tony, nous a fait faux bond. Il a fallu trouver quelqu'un qui avait à peu près la même morphologie pour pouvoir adapter le masque en silicone sur un visage qui ne lui était pas destiné. On a eu beaucoup de chance de trouver Carl Laforêt. C’est un comédien génial qui a l'habitude d'incarner ce genre de personnage et son interprétation entre douceur et fureur est bluffant.

 

Justement, l’interprétation de Carl est magnifique avec la gestuelle et la voix qu’il apporte au personnage Tony. Outre les effets spéciaux, la musique a aussi son importante contribution dans le court métrage. Comment as-tu travaillé la musique avec Benjamin Leray, qui est un habitué sur tes films (Plus jamais possible, Tous les dieux du ciel). Dès le début du film, les premières notes de musique dégagent une atmosphère un peu étrange et sombre pour ensuite basculer vers une musique féérique. On sent que l’on va être confronté à deux univers dans le film, un monde sombre et cruel ainsi qu’un monde d'émerveillement, de féérie ...

 

Effectivement, comme tu l’indiques, ça fait quelques années que je travaille avec Benjamin et que l’on collabore ensemble. C’est vraiment notre meilleure collaboration jusqu'à présent. On ne pouvait pas rêver mieux ce travail minutieux qu’il a effectué sur la bande son. Cela a été vraiment un travail de longue haleine parce que je l’ai fait sortir de ses zones de confort, notamment parce qu’il vient de la musique électronique et moi j’avais envie d’ambiances de grands orchestre philharmonique ou des comptines enfantines, tout un tas de musiques qu'il n’avait jamais tentées auparavant. Au départ, cela lui semblait compliqué. Et puis on a commencé à travailler dessus. Je lui donnais quelques références et la magie opérait. Il a vraiment effectué un travail de grande qualité en ce qui concerne l’atmosphère sonore qu’il a influé au film et qui contribue en grande partie à la cohérence de l’univers et des personnages. C'est vrai qu'il y a aussi un mélange des genres en terme sonore, comme tu l’as dit, avec des choses assez angoissantes, des choses qui rappellent l'enfance et parfois des déchaînements chaotiques. C'est ce mélange sonore, ce mélange d'atmosphère qui donne aussi toute sa finesse à la bande son de Benjamin. Je tiens vraiment à le remercier pour le travail qu'il a fait. Cela l'avait privé de vacances pendant quelques mois ! Mais je pense que le résultat est vraiment à la hauteur de ce qu'on attendait.

 

Tu étais entouré d'une équipe de passionnés. Benjamin avait déjà réalisé un magnifique travail sur Plus jamais possible, où il y avait quand même des choses intéressantes ...

 

Oui bien sûr, j’adore travailler avec lui. Avec le temps on se comprend, on travail mieux et on a un univers cinématographique commun. En gros on est sur la même longueur d’onde.

 

Pour rester sur le côté technique, le dernier que je souhaiterais aborder après les effets spéciaux, la musique, c'est le décor que je trouve aussi important dans tes films en général. Ici, c'est une maison familiale avec des grandes pièces, de nombreuses pièces dont une secrète, cachée. Est- ce que toutes ces pièces finalement ne seraient pas d’un point de vue psychologique une sorte de chambre et d’antichambre, de conscience et d’inconscience du personnage Manon?

 

Oui, absolument. On voit qu’elle vit dans un grand château, mais j'avais l'intention de laisser le doute aux spectateurs. Est-ce qu'elle y vit vraiment ou est-ce qu’elle a construit cette image mentale comme celui du mythe de Tony ? Je trouvais que c'était intéressant de pouvoir laisser le spectateur se faire son idée en ouvrant la possibilité que ce château est en lui-même une forme d'état mental de cette petite fille qui s'invente cette position de princesse dominante. Effectivement, j'adore les décors et j'aime en faire un peu des personnages dans mes films comme la maison dans Tous les dieux du ciel ou cette magnifique bâtisse dans Les princesses font ce qu'elles veulent. Encore une fois, c'est du travail, c'est de la recherche. Quand tu n’as pas un gros budget et que tu veux tourner dans des décors somptueux, il faut de la persévérance, il faut convaincre des gens et partir sur les routes !

 

Pour terminer avec Les princesses font ce qu'elles veulent, est ce que c'était compliqué de tourner avec une enfant ? Tu avais déjà exercé cela auparavant dans Tous les dieux du ciel, mais pas à la même échelle ...

 

Alors, ça pourrait l'être, mais je dois dire, que tourner avec Manon c’était d’une simplicité enfantine, c’est le cas de le dire. Manon est fantastique pleine de maturité. Je pense que c'est beaucoup plus facile de tourner avec une enfant comme elle qu'avec quelques adultes que j'ai eu la chance ou parfois un peu la malchance de côtoyer car cela peut parfois être compliqué. Avec Manon, tout était simple Elle était extrêmement enthousiaste d’autant plus encore que c'était son premier vrai rôle. Je pense qu’elle a un vrai talent de comédienne. Elle est en train de tourner en ce moment pour France 2 l’adaptation du manga Les gouttes de Dieux. Son père (Pierre Maindivide) était aussi très enthousiaste vis à vis du projet et l'aidait beaucoup. Ils étaient tous les deux très investi. Manon a une grande maturité pour son âge qui lui permet de développer un grand sens de l’humour et de l’analyse. Cela a été un plaisir de travailler avec Manon et bien que son personnage évoluait dans un univers très sombre elle dédramatisait tout en dehors des prises en faisant rigoler toute l’équipe. Elle gardait toujours cela en elle pour désamorcer la tension entre les scènes et dès qu’elle rentrait dans son personnage, elle avait ce masque, ce voile qui se mettait sur son visage où elle devenait le rôle.

 

Au sujet du troisième segment, pourrait-on avoir quelques informations? De quoi cela parle? Quel est le nom du segment ?

 

Alors, oui je peux, mais cela a beaucoup changé. Je mets les dernières touches au scénario avant de partir en préparation dans quelques mois (ndlr : l’interview a été réalisée le trois septembre). Ce fut un long processus parce que j'avais plusieurs histoires et je ne savais pas vraiment laquelle choisir. J’en ai écrit une dernière qui se passe en enfer et quel meilleur endroit pour clore un film nommé Pandaemonium que l’enfer ? Cela devrait s'appeler Personne n'ira au paradis.

 

Est ce qu'il y aurait de la comédie ?

 

Oui, un petit peu, comme il peut y en avoir dans Les Princesses. C’est une comédie très sombre. Pandaemonium, c'est aussi un laboratoire dans lequel je n'ai pas de contrainte si ce n’est de rester fidèle à moi-même et de raconter des histoires de la meilleure des façons. La liberté de l’indépendance me permet d’explorer des thèmes ou utiliser des mélanges de genres qui auraient du mal à passer dans un long métrage dit classique.

 

Ce qui peut être intéressant avec trois histoires, c’est qu’elles peuvent être sur des sujets divers. Chacune apportant son lot de profondeur. Tu dois avoir plein d’idées dans les tiroirs et il faut savoir laquelle choisir. C'est un peu expérimental comme expérience. Je crois aussi que tu as d'autres projets en cours dont Cette chose en moi. As-tu obtenu des aides du CNC pour le réaliser ?

 

Je ne peux pas trop en parler pour l’instant parce que l’on attend une grosse nouvelle qui pourrait vraiment passer le treize septembre. On attend quelqu’un de très connu qui devrait faire le film, mais comme on n’a pas encore signé avec elle, je ne peux rien dire. Si elle signe avec nous le projet va prendre une ampleur beaucoup plus importante. Il faut rester prudent avec les nouvelles dans ce milieu, je le sais vraiment par expérience et si ce n'est pas le cas, on repartira à la recherche de quelqu’un d’autre. On recherche un casting fort pour une distribution plus conséquente de ce qu’avait été celle de Tous les dieux du ciel.

 

As-tu vu Titane de Julia Ducournau et penses-tu que sa palme d’or va vraiment ouvrir des portes pour le financement de films de genres en France ?

 

Oui j’ai vu Titane. Est-ce que cela va ouvrir des portes, je ne sais pas vraiment. Au cours des vingt ou trente dernières années, il y a toujours eu des moments, des périodes où le film de genres français avait le vent en poulpe. Le cinéma de genres français a toujours eu des hauts et des bas en fonction des modes, des producteurs, des gens qui émergent. Je pense qu’évidemment cela reste une très bonne chose que Titane ait pu gagner une palme d’or et comme l’a dit Julia Ducournau « merci d’avoir laissé entrer les monstres ». Les monstres, je considère en faire partie. Globalement c’est une bonne chose. Après est-ce que Titane méritait cette palme, c’est une autre histoire. J’avais beaucoup aimé Grave et j’y suis allé enthousiaste. J’avoue que j’en suis resté un peu dubitatif sur certaines séquences et sur le film dans sa globalité. En tout cas, c’est un film qui interpelle, qui a beaucoup de qualité, mais parfois on est à la limite du ridicule. La crédibilité du personnage principal interpelle. J’ai quelques doutes mais en même temps je reconnais à Julia Ducournau le talent de faire des propositions qui sortent du schéma classique. Est-ce que c’est un cent pour cent de réussite, je n’irai pas jusque-là.

 

Penses-tu que le cinéma de genres français va plus s’orienter vers les plates-formes ?

 

J’aurai du mal à avoir un avis définitif sur la question, mais évidemment tout tend vers les plates-formes, le Tsunami engendré par Netflix et Amazon aidé par la Covid a boosté ce mode de consommation de films. Je ne sais pas trop encore quoi en penser. J’espère qu’il y aura encore de belles salles ainsi que des petits cinémas de quartier même s’ils vivent des moments difficiles. Le cinéma se transforme. Le cinéma est un reflet de la société qui se transforme qui évolue. Pour le moment il est en mutation, il est en changement, il n’est pas encore arrivé à sa forme définitive. Est-ce une bonne chose ou est-ce une mauvaise chose ? Les plates-formes permettent aussi à des gens de pouvoir mettre en place des projets qui n’auraient pas pu voir le jour si on avait compté uniquement sur une production classique. Je suis un peu « old school » et je tends à penser que le cinéma se partage en salles et non sur un écran d’ordinateur ou encore moins sur un téléphone.

 

Le cinéma est déjà passé par des moments de crises avec l’arrivée des cassettes VHS, des vidéos clubs et le cinéma est encore là ...

 

C’est vrai, mais ce qui change pas mal aussi c’est le niveau de confort que l’on peut avoir chez soi et qui a également évolué à des prix abordables. Tu peux avoir un superbe vidéo projecteur à la maison pour quatre cents ou cinq cents balles. Dans le confort de ton plumard ou de ton canapé, tu peux avoir quelque chose qui se rapproche du cinéma. J’aime découvrir les films dans une salle obscure accompagné de gens qui vibrent en même temps que moi ce qui ne m’empêche pas de consommer des films chez moi.

 

Pour terminer, où pourra-t-on voir Les princesses font ce qu’elles veulent ?

 

On commence la saison avec L’Etrange Festival et on en est content (Il est passé à L’Etrange Festival les dix et dix-sept septembre derniers). Ensuite, on a pleins de festivals que cela soit en France, à l’étranger, aux Etats-Unis ou encore en Espagne qui s’offrent à nous, mais je ne peux pas encore en parler. Il y a pleins de belles choses qui s’annoncent pour Les Princesses. Le film devrait avoir une belle carrière en festivals et j’espère par la suite dans le cadre de Pandaemonium sur les plates-formes.

 

Merci Quarxx pour ta gentillesse et on croise les doigts pour Pandaemonium.

 

Olivier H.

Ma rencontre avec le réalisateur Quarxx à l'occasion de la sortie de son court-métrage Les princesses font ce qu'elles veulent
Ma rencontre avec le réalisateur Quarxx à l'occasion de la sortie de son court-métrage Les princesses font ce qu'elles veulent
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