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Le blog du cinema d' Olivier H

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Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)

Publié par lecinemadolivierh sur 22 Mars 2017, 20:01pm

Catégories : #critique court, #Tundra, #Karim Ouelhaj, #Okayss Prod, #Olivier Picard, #Max Muccin, #Primerose Royen

Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique) :

Année : 2017

Durée : 29 minutes

Genre : drame\road movie

 

Synopsis : Tundra est l’odyssée chaotique du « Grec » (Olivier Picard), un homme qui perd pied face à la violence irrationnelle de la société actuelle. Dénué de tout, sauf de son sens critique, il voyage au hasard de ses envies. Avec humour, et parfois avec férocité, il va tenter de trouver sa liberté dans un monde poétique et surréaliste.

 

Tundra est issue d’une idée d’Olivier Picard et de Karim Ouelhaj.

Le scénario est écrit par Karim Ouelhaj (L’Oeil Silencieux).

Tundra est produit par Karim Ouelhaj et Max Muccin (Okayss Productions).

 

Début de Tundra en festivals :

1ère sélection au Indie Flicks Film Festival 2017 (Royaume-Uni) où il remporte le Director’s Choice Award, OffScreen 2017 à Liège (Belgique).

 

Avis : Il est rare de voir des réalisateurs européens revenir au format court après avoir réalisé plusieurs longs-métrages. C’est le cas du réalisateur belge Karim Ouelhaj qui a réalisé un  triptyque qui va sortir prochainement en DVD (Parabola, Le Repas du Singe, Une Réalité Par Seconde). Son précédent court-métrage, L’Œil Silencieux (numéro quatre du top blog des courts-métrages vus en 2016) a remporté le prix du Méliès d’Or 2016 du meilleur court-métrage fantastique européen. De quoi mettre une certaine pression pour le tout nouveau court Tundra.

Contrairement à L’Oeil Silencieux qui était un huis clos, Tundra a été réalisé quasiment en plein air, sous forme d’un road-movie. Le Grec est le personnage principal qui est interprété avec justesse par l’acteur Olivier Picard (L’Œil Silencieux, Une Réalité Par Seconde), un loup solitaire sorti tout droit d’un abattoir de cochons. Un type dénué d’empathie, devenu insociable, vide de sentiment, rempli de violence. Une bombe à retardement, produit de la société. L’acteur Olivier Picard a réussi à donner une vraie dimension au personnage qui est à la lisière de la marginalité. Il est magnifique dans ce rôle puissant dévoilant ses capacités d’acteurs. Il mériterait un prix pour son interprétation. Autant le personnage du Grec est sombre, autant le personnage de Rosalie, campé par l’impeccable et douce Primerose Royen, est tout en lumière, contrastant avec le Grec. Elle est incapable d’acte de violence. Elle est dans la construction et non dans la destruction. Olivier Picard et Primerose Royen forment un joli couple à l'écran, à l'image de Bonnie & Clide. L’univers sombre du film n'étant pas sans rappeler celui d’un autre réalisateur belge, Fabrice Du Welz (Calvaire, Vinyan, Alleluia).

Karim Ouelhaj continue son travail artistique sur les dérives de la société actuelle, en nous montrant deux individus exclus et complémentaires tout à la fois. La première scène du film qui se passe dans un abattoir a toute son importance dans l’histoire. On entend régulièrement parler dans les médias de la maltraitance des animaux dans certains abattoirs, mais jamais des personnes qui y travaillent, souvent dans des conditions précaires. Tuer, vider le sang, découper plusieurs animaux quotidiennement … Cela doit avoir un impact mental sur ces personnes. Le film apporte matière à une réflexion sur ce sujet sans y donner  réellement son avis. Karim Ouelhaj, également cadreur du film, raconte une histoire en laissant le spectateur se faire sa propre idée. A aucun moment, il dénonce, il montre du doigt. C’est en quelque sorte subversif. En cela Tundra est magnifique. Que deviennent ces personnes qui sont contraintes (habituées ?) à voir des hectolitres de sang tous les jours ? A découper des carcasses? En sortent-ils indemne ? Il y a de quoi devenir psychopathe, non ?

La photographie est superbe avec de magnifiques panoramas (Plans tournés au bord d’un lac en Norvège, champs de maïs …). On peut y voir des références au cinéma de William Friedkin (Pour les esprits torturés) ou encore à Stephen King (Je pense à la scène avec le champ de maïs). Le film mélange les genres. Malgré son sujet grave et sombre, Tundra fait également sourire, ce qui rend le film plus soutenable. Par exemple la scène où on voit le vendeur de fleurs, ou encore la scène avec le chat, les acrobaties dans la chambre … de bons moments. Mais pour moi, la scène culte du film est celle qui se passe dans une laverie automatique. L’actrice est formidable et c’est à se pisser dessus !

 

Définition de Tundra dans Wikipedia : « C'est une formation végétale située dans les zones climatiques froides, polaires ou montagnardes, constituée d'une strate végétale … »

 

Note : 10/10. Tundra est un excellent court-métrage noir, dramatique, profond, humain, sociétal, jubilatoire et jouissif. Du cinéma comme on aimerait en voir plus souvent. Karim Ouelhaj a créé son propre univers sombre, fantastique avec une certaine dose d’humour. C’est un réalisateur perfectionniste, humain avec un fort potentiel. Tundra est la nouvelle pépite noire tout droite sortie de Belgique ! A découvrir d’urgence.

 

Remerciement : Florence Saâdi.

Olivier H.

Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)
Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)
Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)
Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)
Critique du court-métrage TUNDRA de Karim Ouelhaj (Belgique)

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