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Le blog du cinema d' Olivier H

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Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


Sortie prochainement de la Trilogie Américaine en DVD/BR, rencontre avec le réalisateur Cyril MORIN

Publié par lecinemadolivierh sur 17 Janvier 2017, 20:06pm

Catégories : #article, #interview, #the activist, #ny84, #hacker's game, #cyril morin, #media in sync

Le réalisateur français Cyril Morin, compositeur de musiques de films, vient de terminer une « Trilogie américaine » comprenant The Activist, un film sur le combat des indiens de Wounded Knee aux Etats-Unis face au gouvernement en 1973, NY84, sur les ravages du Sida dans les milieux artistiques à New York des années 80 et de Hacker’s Game, où l’on voit un jeune activiste Soyan au compte d’une grande entreprise. Ces trois films sont de production indépendante (Media in Sync), à budget modeste. Cela n’empêche pas que ces trois films racontent des histoires assez fortes, avec une fiction proche de la vraie vie. Ce sont trois films culturellement riches en émotion …

 

Rencontre avec le réalisateur Cyril Morin :

Quels ont été tes sources d’inspirations pour ton dernier film NY84 ? On sent beaucoup de références à Robert Mapplethrone et à Patti Smith.

C’est une histoire sur des jeunes artistes fauchés en plein vol. Des jeunes artistes en devenir et puis tout d’un coup arrive cette épidémie. Comment l’héroïne du film va-t-elle réagir et comment elle arrive à passer cela ? C’est vraiment ça le sujet du film. On a tous été jeunes, vécus certains moments de création, et pour un certain nombre, cela s’est arrêté en plein vol. C’est cela que je trouvais intéressant. Cette espèce de sève comme cela qui est stoppée.

Et puis, il y a ceux qui restent et on regarde comment ils passent le cap et comment ils transforment je dirai, l’épreuve en quelque chose de plus grand. Je voulais faire une sorte de Jules et Jim et je me suis complètement librement inspiré de plusieurs personnages de l’époque. J’ai créé des personnages parfois à partir d’un personnage, de deux personnages, parfois à partir de trois. Les idées restent les mêmes.

 

Comment as-tu vécu ces années 80 ?

J’ai l’âge de mes personnages et j’ai vécu cette période. Je ne l’ai pas vécu dans les extrêmes, mais j’ai pu voir des extrêmes parce qu’à l’époque les gens étaient très mélangés. Ce n’est pas comme aujourd’hui où on parle de communauté, ou de carré VIP. Il n’y avait pas de barrière à cette époque. Toute la scène artistique qu’il y a eu à la fin des années 70 et au début des années 80 a été très importante. Je l’ai ressenti très fort. On avait tous des projets, on avait tous quelque chose en tête. On n’avait pas cette pression sociale d’aujourd’hui. C’était une période très positive et elle a été malheureusement ternie avec l’arrivée du sida. Il y a eu beaucoup de gens qui ont été atteint et qui sont partis. La perception de la mort était différente. Les gens continuaient à travailler, à se battre, ils vivaient des choses dans leurs intimités et on n’avait pas cette sensation que c’était là en permanence, alors que cela l’était.

 

Dans chacun de tes trois films, The Activist, NY84 et Hacker’s Game tu évoques la politique. On a l’impression que la politique a une place importante dans tes films.

J’aime la politique, parce que c’est l’histoire de notre monde. C’est la façon dont les choses se passent, c’est la façon dont les choses peuvent avancer. Dans mes films, il y a effectivement un fond de politique. Dans mes trois films, il y a de l’engagement, il y a une notion de sacrifice, une histoire d’amour importante et impossible. On retrouve un côté rébellion par rapport au système. C’était la façon dont je ressentais les choses quand j’étais adolescent. La politique, je trouve cela passionnant.

Je m’intéresse également beaucoup à la politique américaine de son influence sur notre monde. Je  trouve qu’aujourd’hui on a une vision très superficielle, très « Facebook » de la politique. On n’est plus dans le recoupement, dans la recherche des informations vraies. On accepte des choses qui sont très souvent superficielles ou fausses. On ne sait plus lire. C’était d’ailleurs l’objectif de Hacker’s Game, de dire attention à ce que l’on vous donne à lire, où à voir, à ce que l’on vous dit, même d’un ami qui vous renvoie un article, regardez, fouillez, cherchez. D’ailleurs, la communication de Trump, c’est cela : la politique du chiffon rouge, qu’on agite pour ne pas voir ailleurs la vraie information que l’on veut minimiser ou cacher.

 

Dans tes trois films, les histoires d’amour finissent toutes mal. Est-ce que tu développes tes scénarios à partir de ces relations amoureuses, ou bien est-ce qu’elles se greffent au sujet ?

C’est ce qui donne toute la saveur à l’histoire. L’histoire du personnage souvent en rébellion contre un système et avec en plus, une histoire d’amour impossible (en relation avec son combat). Le sentiment est là et je trouve cela intéressant. Ce qui est intéressant dans un travail artistique, de longue haleine comme un film, c’est de jouer sur la symbolique. Qu’est-ce que l’on veut dire ? Qu’est-ce que cela représente. Il y a un côté Shakespearien dans le fait que le héros disparaisse et cela donne à réfléchir, à penser, et cela peut aussi créer un choc. Si on regarde mes trois films sous l’angle symbolique, on va voir beaucoup de références. Dans New York84, il y a des références à ces artistes, à des vidéos que j’ai vues de ces artistes, des films sur le Sida. Des références à la meilleure série qui a été faite sur le sida qui s’appelle Angels in America qui date des années 2000-2001 avec Meryl Streep et Al Palcino. Il y a des références à un film qui s’appelle Silver Lake qui est un documentaire sur la déchéance et la mort d’une personne qui a contracté le sida (la maladie jusqu’au bout d’un homme filmé par son ami). Si on regarde aussi dans Hacker’s Game, il y a des références à des personnages qui ont éxistés, comme par exemple Aaron Swartz (mort mystérieusement en 2013). Et dans The Activist, il y a beaucoup de références aussi aux mouvements Amérindiens de cette époque, autour de 1973, avec la réunion de plusieurs personnages. Il y a aussi des références à des personnes qui ont réellement existé.  

 

Le fait de faire mourir les personnages principaux dans chacun des trois films, c’est pour provoquer quelque part un choc, un symbole pour que cela rentre dans la tête ?

Ce n’est pas créer un choc pour un choc, parce que je pense que cela n’a aucun intérêt. Non, on rentre dans la symbolique là aussi. Quand on regarde les grands personnages de notre histoire, les choses sont basées sur la vie et la mort. Qu’est-ce que représente le héros ? Qu’est-ce que représente le personnage principal ? La mort créée le mythe. Je trouve cela intéressant aussi quand on raconte une histoire, parce que les chocs créent aussi l’attention sur le sujet.

 

Quels sont tes prochains projets ?

Je développe plusieurs projets. J’ai aussi des projets d’écritures, c’est en cours. Je vais aller moins vite, parce que cela a été cinq ans intenses et il faut plus de moyen maintenant. Il y a aussi deux séries que je développe. Une d’anticipation (aux US) et l’autre sur la manipulation (en France). Le prochain film c’est à la fois plus de comédie et autant de drame.  C’est un mélange, c’est ce que l’on appelle une « dramédie ».

 

Peux-tu nous parler du financement des films indépendants en France ?

En France, si au début on n’a pas demandé d’aides au départ, on à pas tout ce qui suit. Ce qui n’est pas acceptable, c’est que cela ferme la porte à la distribution, parce que c’est une chaine d’argent qui va aussi jusqu’au distributeur avec l’agrément. Et puis cela ferme aussi la porte a la promotion internationale, parce que l’on s’aperçoit que les institutions françaises ne suivent pas non plus ou péniblement. C’est un triple effet qui fait qu’il est difficile de sortir un film, tel que je les ai faits, en France. C’est aussi pour cela que j’ai décidé de ne pas sortir mes deux derniers films en salle en France parce que je ne voyais pas d’issue, je ne voyais pas la possibilité de le faire. On a mis beaucoup plus l’accent aux Etats-Unis où là, on a pu faire pour les trois films une sortie nationale avec des salles à Los Angeles et New York, avec des Festivals qui nous ont beaucoup accompagnés et où on a été bien supporté. Et puis après quand on arrive en France et que l’on à réalisé qu’on n’était pas dans le système, ça à été un  peu la douche froide. On a quand même été soutenu par des gens ici et là, surtout les prix Langlois dont deux reçus pour The Activist . Ils nous ont chaleureusement suivi pour les deux autres films. Le système offre de belles possibilités, auxquelles on n’a pas accès, si on n’est pas dans le système dès le départ. Nous sommes plusieurs réalisateurs/ producteurs à avoir fait les frais de cette réalité, et nous seront de plus en plus nombreux dans le futur, car la production est en train de changer.

 

Quel a été ton film préféré de cette année ?

Je peux dire pour l’année dernière (2015), c’était Youth de Paolo Sorrentino, mais aussi Room qui était un excellent film et également Trumbo. Je dois dire que je trouve que cette année (2016) était une petite année. Sinon, j’ai bien aimé Narcos et la dernière saison de House of Cards, pour ce qui est des séries. Par contre pour fin 2016, LA LA Land est un « must see ».

 

Remerciements : Arnaud Gauthier et Cyril Morin.

La trilogie The Activist, Hacker’s Game et NY84 va sortir en DVD en février aux Etats-Unis et en Mars en France 2017.

Olivier H.

Sortie prochainement de la Trilogie Américaine en DVD/BR, rencontre avec le réalisateur Cyril MORIN

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