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Le blog du cinema d' Olivier H

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Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


VIRTUAL REVOLUTION : l'interview de l'acteur MAXIMILIEN POULLEIN

Publié par lecinemadolivierh sur 21 Novembre 2016, 20:07pm

Catégories : #ITW, #Interview, #Maximilien Poullein, #Virtual Revolution, #Guy-Roger Duvert, #Mike Dopud, #Acteur français

30 septembre 2016, rencontre dans un café parisien avec l’acteur français (très prometteur) MAXIMILIEN POULLEIN, juste quelques jours avant la sortie en salle du film de science-fiction VIRTUAL REVOLUTION de Guy-Roger Duvert, où Maximilien interprète Morel, un hacker.

 

Comment t’es-tu retrouvé dans le casting du film de science-fiction français le plus fou de l’année ?

En fait j’ai rencontré Guy-Roger, le réalisateur, lors d’une soirée organisée par un ami en commun qui est photographe et réalisateur. Il organise des soirées afin que ses contacts et amis du milieu se rencontrent. C’était fin septembre 2014. On a parlé tout simplement de cinéma, de musique, de films de science-fiction. Il m’a montré la bande annonce de Cassandra (Court-métrage médiéval multi-récompensé de Guy-Roger Duvert), et il m’a dit qu’il allait réaliser son premier long-métrage en anglais. Je sortais du tournage de En Mai, Fais ce qu’il te Plaît où je jouais un soldat écossais. Je suis bilingue, mon profil l’intéressait. Il m’a envoyé par la suite six pages du texte. J’avais un mois pour le préparer, ce qui était assez confortable. Un mois après, j’ai passé le casting devant Guy-Roger et la directrice du casting France. Et puis, une semaine après, à ma grande surprise et pour mon plus grand honneur, j'ai revu Guy-Roger avant qu'il reparte pour Los Angeles et il m'a dit que j'avais le rôle.

 

 

Comment est Guy-Roger sur le plateau de tournage ?

Il a une vraie qualité et ce n’est pas de la lèche. Je ne le dis pas de tous les réalisateurs avec qui j’ai bossé : c’est un vrai mec intègre. Quand il te dit que tu vas passer le casting, tu passes le casting. Quand il dit que tu as le rôle, tu as le rôle. Il ne s’agit pas d’être « bankable ». Il a repris toute l’équipe de Cassandra, ce qui le prouve bien. Je suis quelqu’un de très content en tournage, pas chiant. Par contre, je peux être très tendu. Je suis un acteur, donc ça bouillonne un peu dans ma tête et parfois la tension peut te rendre un peu nerveux. Et Guy-Roger, avec tout ce qu’il avait à penser, a toujours été d’un calme olympien, d’une authentique gentillesse avec son équipe. C’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut. Il y a des plans qu’il ne veut pas lâcher, il y a des scènes qu’il ne veut pas lâcher, mais par contre, il n'y a aucune agressivité, jamais un mot plus haut que l’autre et il sait pourtant se faire respecter. C’est un bonheur. Parce que tu as à la fois quelqu’un qui a une vision, qui sait où il veut aller et qui sait te rassurer là-dessus. Moi, j’ai été « casté » en 2014. J’ai été le premier acteur officiellement pris sur le film d’après ce qu’il dit et je le crois. Donc j’ai eu le temps de voir le projet évoluer. Il me tenait au courant de tout. C'est quelqu'un qui sait s’entourer et à côté de ça, il est très humain, très gentil. C’est un plaisir de tourner avec lui. Il a fait un peu de théâtre et il sait ce que c’est d’être acteur, il comprend le besoin que l’on a de s’approprier le personnage. Il y a plusieurs écoles d’acteurs : il y a ceux qui pensent que tu dois laisser le personnage entrer en toi et il y a ceux qui pensent que tu dois entrer dans le personnage. Personnellement, je me situe un peu entre les deux : je crois que tu dois créer quelque chose à la fois à partir de ce qu'on te donne et en fonction de tes expériences personnelles.

 

 

Comment as-tu travaillé le personnage de Morel, hacker et ami de Nash (Mike Dopud) ?

L’avantage, comme je te l’ai dit, c’est que j’ai été « casté » très tôt. J’ai eu l’occasion de beaucoup parler avec Guy-Roger de ce qu’il envisageait pour l’univers global et pour le personnage en particulier. Donc, entre les références que me donnait Guy-Roger et celles que moi j’imaginais, je le concevais comme un mélange entre plusieurs personnages. Déjà, Chloé dans 24 heures chrono, la « hackeuse » spécialiste des ordinateurs qui est parfois un peu désagréable et cassante. Morel a un peu ce côté-là. Je le voyais aussi un peu dans le style de Steve Buscemi dans The Island, ainsi que de Jeff Goldblum dans La Mouche, le côté scientifique qui est un peu dans son univers et qui te donne l’impression, quand tu le sors de cette zone de confort, qu'il est un petit peu moins à l’aise. J’ai essayé, je crois, de faire une synthèse à moitié consciente de tout cela. En revanche, je tenais absolument à ce qu’il ait un accent européen. Je me disais qu'on allait avoir beaucoup d’accents américains - on en a d’ailleurs quelques-uns - et que ce serait bien qu’il y ait des vestiges d’Europe dans le monde qu'on décrit. Si on parlait anglais, il fallait un héritage britannique dans certains accents. Je tenais absolument à ce qu’il y ait cela. Avec Guy-Roger, on a travaillé l’accent afin qu’il passe bien à l’international. A la base, je voulais prendre un accent "cockney", un peu populo, mais ça risquait de poser des problèmes de compréhension pour certains territoires. Alors, on a opté pour un accent un peu plus neutre, celui des acteurs non-anglophones de séries comme Game of Thrones, par exemple, qui prennent un anglais très lisse, un peu BBC. A partir du moment où on a posé cela, il y a tout un truc qui s'est mis en place avec le personnage. L’accent anglais européen un peu neutre lui a amené un certain maniérisme entre deux cultures, une gestuelle aussi, qui m'ont permis d'osciller entre un style de jeu anglais et américain. Je crois que j’ai mélangé plein de trucs.

Pour le rôle du hacker en soi, je n’avais pas grand chose d'ultra technique à faire. Morel est un personnage assez sédentaire. Il fallait surtout beaucoup conceptualiser l’espace, le vide qui allait être compensé par les VFX, au niveau des ordinateurs, par exemple. Je ne me suis pas spécialement plongé dans le monde des hackers. Ce qui m’intéressait surtout chez Morel, c’est que c’est le vrai personnage humain du film. Il est très conscient de son époque, de l'emprise de la technologie au cœur de laquelle il existe et, en même temps, il souhaite rester humain. C’est important pour lui d'avoir un pied dans la réalité. C’est en cela que c’est un personnage assez touchant et sensible. C’est un peu le Jiminy Cricket de Nash, sa conscience. C’est l’un des seuls qui lui balance quelques vérités. Parce que Nash, c’est une force de la nature, quelqu'un de brut et d'instinctif. Mike Dopud, qui est imposant, traduit très bien cela. On n’a pas envie de lui tirer les poils du nez. Mais Morel s’en fout, en fait. Morel, c’est une sorte de criminel avéré, c’est un hacker, il fait du piratage informatique, c’est illégal... mais il est peut-être, paradoxalement, le personnage le plus ouvertement positif du film.

 

 

Quel est ton bon souvenir ?

Le plus marquant, c’est mon premier jour de tournage. Quand je suis arrivé et que j’ai vu les décors en dur. Ce n’est pas une réalité jusqu’à ce que tu y sois, en fait. Quand tu arrives et que tu vois qu’il y a un vrai siège avec des barres au bout desquelles il y a des diodes bleues commandées à distance, c'est quelque chose. C’était une vraie ambiance cyberpunk. Je suis arrivé en plein Blade Runner. Et ça, c’est formidable parce que du coup, tu arrives, tu ne réfléchis plus quand tu joues. Tu es dans l’univers. Moi je ne voyais plus les techniciens, je ne voyais pas les câbles de la caméra ou des projecteurs. C’est super comme premier jour de tournage, parce que tu te dis que tu n’es pas sur un film fauché. On a un budget modeste mais son utilisation a été bien réfléchie. On était vraiment dans le futur. Cette première journée de tournage, je crois, que c’est l’une de mes meilleures premières journées de tournage, voire même la meilleure. Tu peux ressentir une certaine angoisse quand tu t’engages sur un film ambitieux, en anglais, avec un budget limité dans un pays comme la France, qui a décidé de ne plus assumer cette culture, alors que l’on a de grands auteurs de science-fiction depuis longtemps, ici. Bref, tu t’engages sur un truc qui est super tendu... et tu arrives sur un décor qui déboîte ! Et là, t'es vraiment en confiance. Je n’ai jamais vu cela depuis que je tourne. Des bons souvenirs, il y en a plein, parce que j’ai passé beaucoup de temps sur le tournage. Le fait de participer à ce film en soi est un souvenir génial. Tout ce que je vis depuis que j’ai participé à ce film est génial.

 

 

Quels sont tes prochains projets ?

J’ai tourné des choses depuis. J’ai passé des castings. Là, c’est la rentrée, il y a des choses qui se profilent. J’ai joué un rôle de directeur de casting dans le film Les Carnivores de Jérémie Renier et son frère Yannick, face à Leïla Bekhti. J'ai également tourné un rôle de soldat allemand face à Reda Kateb dans Django, réalisé par Etienne Comar, un film sur Django Reinhardt, qui devrait sortir à la rentrée 2017, je crois. J'ai fait un passage éclair dans un épisode de la série Un Village français et j'ai même tourné ma toute première publicité. Et tout ça découle directement de Virtual Revolution.

 

 

Quels sont tes trois acteurs préférés ?

Alors, c'est totalement subjectif, mais Arnold Schwarzenegger je ne peux pas ne pas le citer. C’est mon héros depuis mon enfance. Objectivement, on pense ce que l’on veut de lui, mais le mec a un parcours incroyable. Tu ne peux pas ne pas admirer un mec comme ça.

Michael Fassbender, dans un tout autre registre. C’est un caméléon. Il est crédible partout. Et je suis très sensible aux acteurs bilingues.

Et on va dire une actrice, pour ne pas donner que des mecs : Sigourney Weaver. Elle a prouvé à une époque où c’était nécessaire de le faire, je crois, qu’une femme pouvait être tout à fait crédible dans des rôles musclés. Et puis, elle est magnifique et a une présence et un charisme incroyables.

 

 

Tes trois meilleurs films ?

Kill Bill, j’englobe les deux. Il y a tout le cinéma dedans. Tu sens la cinéphilie du mec. La BO est incroyable. C’est un film fou.

Terminator 2. Dans son genre c’est une sorte de quintessence de la science-fiction. Et puis, il y a Schwarzenegger aussi. Je l’ai vu en salle, je devais avoir six ou sept ans, et j'en suis ressorti avec des étoiles dans les yeux.

Vampire, vous avez dit vampire ? C’est le premier film de Tom Holland qui a ensuite réalisé Jeu d'enfant, le premier Chucky. Le film est génial parce qu'il est à la fois très respectueux des classiques du genre et en même temps, très contemporain, très 80's. Et il vieillit plutôt bien, en plus.

Allez, je triche et je rajoute Blade Runner. J’ai un poster du film devant mon ordinateur, ce serait bizarre de ne pas le mentionner. Lui ne vieillit carrément pas. Tu peux le voir à n’importe quelle période, tu as l’impression qu’il a été fait hier. Les effets spéciaux n’ont pas vieilli et son pouvoir cinématographique est toujours aussi intact.

 

 

Maximilien vient de recevoir son premier prix d’interprétation au Zed Fest Film Festival 2016 de Burbank (États-Unis) pour son rôle de Morel dans Virtual Revolution. Un acteur à suivre de très très près.

Virtual Revolution est toujours en salle pour sa septième semaine ! Allez jeter un coup d'oeil au Studio Galande ou au Lucernaire à Paris.

 

Filmographie sélective de Maximilien :

Les Carnivores de Yannick et Jérémie Renier – 2017

Django de Etienne Comar - 2017

Virtual Revolution de Guy-Roger Duvert - 2016

City Hunter 2015: Paris Rescue de Mathias Sariel (court métrage) - 2016

En Mai, Fais ce qu’il te Plaît de Christian Carion - 2015

Delirium Tremens de Mehdi Belhadj - 2013

La Horde de Yannick Dahan et Benjamer Rocher - 2009

 

Je remercie chaleureusement Maximilien pour sa disponibilité ainsi que pour sa gentillesse. Un mec cool qui vit à fond pour le cinéma.

Olivier H.

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