Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog du cinema d' Olivier H

Le blog du cinema d' Olivier H

Blog spécialisé sur les Festivals Internationaux de Films Fantastiques comme Fantastic'Arts, FantasPorto, BIFFF, AIFFF, Mauvais Genre, Cannes, NIFFF, Fantasia, PiFan, Deauville, L'Etrange Festival, FEFFS, La Samain, Trieste, Razor Reel, Les Utopiales, PIFFF ...


Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)

Publié par lecinemadolivierh sur 15 Novembre 2016, 19:58pm

Catégories : #Critique Film, #Festival, #NY84, #Cyril Morin, #Media in Sync

Critique de NY84 de Cyril Morin (Etats-Unis/France) :

Date de sortie en France en VOD : 15 novembre 2016

Durée : 80 minutes

Genre : drame

 

Synopsis : Au début des années 80, trois jeunes artistes libres, Kate (Sam Quartin), Anton (Chris Schellenger) et Keith (Davy J. Marr)  font la fête dans le downtown à New York. Ils écrivent des chansons, prennent des photos, font de la peinture, et se frayent un chemin à travers les clubs d’Alphabet city. La fête se termine en 84, quand Anton et Keith contractent une mystérieuse maladie appelée le « cancer gay » ...

 

NY84 est le troisième long métrage réalisé par le compositeur de musique de films, producteur et réalisateur français, Cyril Morin. Le film clos une trilogie réalisée au Etats-Unis avec The Activist et Hacker’s Game.

NY84 est produit par Cyril Morin et Juliette Garrigues.

La société de production est Media in Sync.

 

NY84 en Festivals :

Il a été sélectionné au Big Apple Film Festival 2016 (Etats-Unis), au Saint Louis International Film Festival 2016 (Etats-Unis), au Paris Independant Film Festival 2016 (France).
Il a reçu le prix Henri Langlois.
 

 

Mon avis : Le début de NY84 montre trois jeunes artistes libres, faire la fête dans des boîtes de nuit, à une époque post années 70, où il y a avait une certaine liberté (liberté sexuelle, liberté de penser, liberté de vivre) qui va atteindre un point de non-retour. Cette première partie Rock’n’roll du film est très bien rythmée par la musique signée par Fabien Waltmann. Que ce soit le titre Run Run Run ou encore dans la seconde partie du film, le titre I Will See You qui est magistralement interprété par l’actrice Sam Quartin. Les riffs sont entrainants et de plus en plus rapides, alors que Sam reste figée sur place dans le studio d’enregistrement. Il y a un décalage entre l’image et le son appuyant le malaise du personnage Kate à ce moment précis du film. C’est la scène la plus touchante et bouleversante du film à mon avis. Un uppercut donné par Sam Quartin !  Aux côtés de Sam Quartin, on retrouve l’acteur Chris Schellenger dans le rôle du photographe Anton, qui avait interprété le hacker Soyan dans Hacker’s Game aux côtés de l’actrice Pom Klementieff (Les Gardiens de la Galaxie II, Old Boy de Spike Lee). Et Davy J. Marr dans le rôle du peintre Keith. Les trois acteurs sonnent juste dans le film. On dirait trois vrais potes dans la vie. La photographie de Romain Wilhelm est superbe. L’étalonnage minutieux de Pitof apporte de jolis jeux de lumières.

 

NY84 est un vrai-faux documentaire autour d’un triangle amoureux. Le genre documentaire du film avec ses interviews place le spectateur au cœur du film au plus près et au plus juste. Le film dénonce un certain laxisme du gouvernement Américain au début des années du sida. Ne faisant que le minimum pour arrêter le fléau qui tuera plus de trente-cinq millions de personnes dans le monde. Le film interroge sur la responsabilité de l’état face à la croissance du virus dans les années 80. On y a voit la décadence des personnes qui ont contracté le virus, s’affaiblissant de jour en jour, payant en quelque sorte leurs innocences et leurs libertés à la vie. L’apparition de la mère de Keith apporte un peu de décalage et d’humour à un moment où le film bascule dans le drame assez sombre. Le film devient anxiogène comme un piège se resserrant sur une proie. Le réalisateur Cyril Morin s’est inspiré du photographe américain Robert Mapplethorpe (L’acteur Chris Schellenger en est plus que métamorphosé. C’en est quasiment un sosie). Robert Mapplethorpe était un photographe de génie qui a marqué le XXème siècle avec des photographies stylisant le corps de l’homme et l’univers du bondage. Il avait contracté le virus du sida. Cyril Morin dit également s’être inspiré de la chanteuse et musicienne Patti Smith (Sam Quartin ressemblant) qui a connu Robert Mapplethorpe. Le personnage de Keith ressemble beaucoup également au dessinateur, peintre et sculpteur Keith. Haring (mort du sida). Le film fait également penser pour son triangle amoureux, à un autre film, Jules et Jim de François Truffaut, où deux hommes sont épris d’une même femme.

 

Ma note : 6,5/10. NY84 est un très bel hommage à tous les artistes frappés par le virus du sida. Il retrace ces années folles où une certaine jeunesse se voulait libre, sans tabou sexuel, à la naissance du mouvement LGBT et où la drogue circulait assez facilement. Les acteurs sont bons. La musique super entrainante. Mais le film a quelques défauts, dont un manque de rythme vers la seconde partie, laissant le spectateur s’engouffrer dans cette histoire pas drôle, qui vous fout un coup de cafard. Vous l’aurez compris, NY84 n’est pas une comédie, mais bien une histoire tragique. Cyril Morin comme à son habitude a réussi à retranscrire cette époque particulière, aux prémices du sida. Une époque vite oubliée, pour ne pas dire cachée. Un film à voir ...

« De l’innocence à l’expérience. De la créativité sans filtre à la maladie, puis la mort. »

 

Je remercie chaleureusement Arnaud Gauthier pour l’invitation à la projection privée de NY84 au superbe Studio des Dames Augustines à Neuilly-sur-Seine.

Olivier H.

 

Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)
Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)
Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)
Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)
Critique du film NY84 de Cyril MORIN (Etats-Unis / France)

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents