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Le blog du cinema d' Olivier H

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Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France)

Publié par lecinemadolivierh sur 16 Avril 2016, 12:05pm

Catégories : #critique court

Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France) :

Année : 2015

Genre : fantastique/expérimental

Synopsis : Dans un monde post apocalyptique un prêtre (Olivier Pagès) arpente des rues désertes en quête de survivants. Au milieu des carcasses de voiture, il découvre le corps meurtri de Ève (Aurélia Mengin). Le temps s'arrête. Ève serait-elle le berceau de cette humanité́ désabusée?

Adam Moins Eve est le huitième court-métrage réalisé par la charmante réunionnaise Aurélia Mengin, également fondatrice et directrice du Festival Meme pas peur à l’île de La Réunion.

Adam Moins Eve est auto produit par Aurélia Mengin et Vincent Mengin-Lecreulx (Le père de la réalisatrice). Le film a également bénéficié du soutien de la ville Saint-Denis qui a apporté une aide financière.

Les sociétés de production sont Karnivore Lover Films & Lac Production.

Budget du film: 13 500 euros, ce qui n’est pas énorme pour un court-métrage de cette ampleur.

Adam Moins Eve a été sélectionné dans pas moins d’une vingtaine de festivals, dont Mauvais Genre 2015 à Tours.

Mon avis : Adam Moins Eve est un objet volant, non identifié … un OVNI cinématographique léché d’art contemporain, de surréaliste et d’expressionnisme. Les influences d’un cinéma Allemand découvert par la réalisatrice avec son père ne sont pas loin. Le court ne se prend la tête avec de jolis discours : il n’y en a pas ! Adam Moins Eve est comme un film des années trente qui surgit du passé dans notre époque contemporaine, rempli de couleurs vives et saturées. Le fait qu’il y ait aucun dialogue, laisse le spectateur faire son propre avis au sujet de l’histoire, ainsi que des personnages. Ne comptez pas sur la réalisatrice pour vous expliquer ce qu’elle a voulu raconter dans son film, elle n’est pas copine avec les mots … (Sauf en interview, on a du mal à freiner son élan !). Certes, la religion est omniprésente tout au long du film, avec tout d’abord ce prêtre qui entend une voix dans sa tête, puis de la résurrection d’une certaine Eve, et enfin d’une Babylone post apocalyptique. Il y a même une scène originale, à la limite de la provocation, où on peut voir un accouchement d’une hostie (Ca va loin, hein ?). Les acteurs, Olivier Pagès dans le rôle du prêtre « Dieu » et Aurélia Mengin dans le rôle de la belle Eve, arrivent magnifiquement à parler avec leurs corps. Il n’est pas forcément facile pour un acteur d’interpréter un rôle, uniquement par le biais de son corps. Perso, je préfère les mots d’Eve, à fleur de peau ! Les sons ajoutés par Nicolas Luquet, ainsi que le logo du film contribuent à l’atmosphère du court-métrage. Une atmosphère étrange, avec une voix chuchotée, des cris, des rires, des pleurs, ainsi que des bruits métalliques. Est-ce une vision d’un Purgatoire ? Peut-être … peut-être pas ! Chacun son interprétation. Quand-t-à Luke Kay et Pablo Mengin, ils apportent leurs contributions à la musique du film. J’adore la musique à la fin du film, avec des notes de piano et la voix envoutante de la réalisatrice. Décidément, Aurélia Mengin est à tous les postes dans son film (Scénariste, productrice, réalisatrice, actrice, chanteuse). Que dire de la photographie de Carryl Bertet si ce n'est qu'elle est très belle esthétiquement. La caméra se concentre avec des gros plans sur les personnages, afin que le spectateur se sente au milieu d’eux. Une certaine intimité s’installe. Chaque image fait penser à un tableau d’art contemporain. Le travail sur la lumière, dont la couleur verte est maitresse, ainsi que l’étalonnage sont magnifique. Ma scène préférée étant celle tournée dans la rue de Paris de la ville Saint-Denis. La scène post apocalyptique, où le prêtre se promène à travers des débris de voitures, avant de tomber nez à nez sur la future Eve. La scène est filmée à l’intermédiaire d’une grue, dont le résultat est remarquable. Il y a également ces scènes tournées sur un désert de lave. Des images proches d’une fin du monde. Adam Moins Eve fait penser à Enter the Void de Gaspar Noé, avec sa part d’érotisme et d’expérimentation ou encore au court-métrage expérimental de Simone A. Tognarelli, A New Born. Il y a également du Frankenstein dans l’air … Le pitch du film était assez casse-gueule sur papier glacé, mais le résultat est bien là. Il peut être difficile de rentrer dans le film de par sa lenteur. Adam Moins Eve est un bijou expérimental sortant d’une autre époque et faisant voyager le spectateur d’un monde chaotique vers un nouveau monde. Meilleur ? Peut-être pas ! Aurélia Mengin a créé son univers, influencé par un cinéma Allemand. Un univers qui vient d’une enfance passée sur l’île de la Réunion, au milieu d’artistes de différents pays. Un univers à la frontière de la provocation, un univers corporel et déglingué dans une certaine mesure. Y’a qu’à voir les personnages dans Adam Moins Eve. Aurélia Mengin est une réalisatrice à part qui est à suivre … Ma note : 7/10.

Je remercie chaleureusement Aurélia Mengin pour sa collaboration à cet article.

Olivier H.

Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France)
Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France)
Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France)
Critique du court-métrage ADAM MOINS EVE de Aurélia Mengin (France)

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